Zemmour, "réel danger" ou pourfendeur de "l'omerta"?

0 21.11.2011 13:36

Le chroniqueur Eric Zemmour a été tour à tour présenté jeudi par les témoins comme un "réel danger" ou un pourfendeur de "l'omerta" sur les questions ethniques, au deuxième jour de son procès pour diffamation et provocation à la haine raciale."Les propos d'Eric Zemmour comportent de réels dangers", s'est ému l'ancien président de la Haute Autorité de lutte contre la discrimination et pour l'égalité (Halde), Louis Schweitzer.Ancien spécialiste des questions de sécurité auprès du ministre Jean-Pierre Chevènement et actuel préfet de l'Allier, Pierre Monzani a en revanche témoigné en faveur du chroniqueur, dénonçant "une sorte d'omerta" en France."La surreprésentation de certaines populations immigrées dans les problèmes de délinquance est un fait", a-t-il martelé. "Il n'y pas de statistiques ethniques" mais il suffit de consulter "les listes de patronymes" pour se rendre compte de cette réalité.Le polémiste, qui exerce notamment sur France 2 et RTL, a été cité en justice par SOS Racisme, la Licra, le Mrap, l'UEJF et J'accuse, pour des propos tenus le 6 mars 2010 sur Canal+ et France Ô.Dans l'émission de Thierry Ardisson "Salut les terriens", diffusée sur la chaîne cryptée, Eric Zemmour s'était indigné, après l'intervention d'un de ses contradicteurs sur les contrôles au faciès: "Mais pourquoi on est contrôlé 17 fois ? Pourquoi ? Parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait".Quelques heures plus tôt, sur le plateau de "L'Hebdo", une émission de France Ô, il avait déjà tenu des propos controversés. Les employeurs "ont le droit" de refuser des Arabes ou des Noirs, avait-il ainsi répondu à une question.Louis Schweitzer a regretté qu'aujourd'hui, la discrimination soit "un délit qui n'est pas souvent condamné pénalement", alors qu'on la rencontre quotidiennement.Ainsi, a-t-il témoigné contre Eric Zemmour, "à qualification égale, les candidats du sud de la Méditerranée ont quatre à cinq fois moins de chance d'obtenir un emploi" qu'un candidat d'origine française "et neuf fois moins de chances d'obtenir un logement"."Il y a d'autres lieux qu'un tribunal pour les débats d'idée", a répondu le compère d'Eric Zemmour sur France 2, Eric Naulleau, en déplorant que, via ce procès, les associations anti-racistes ne viennent "régler le compte de Zemmour pour l'ensemble de son oeuvre"."La France est le seul pays qui n'a pas de statistiques ethniques, et c'est un vrai débat", a appuyé l'ancien ministre et député UMP, Claude Goasguen."Est-ce qu'on peut résoudre le problème (de la discrimination, ndlr) si on n'en parle pas? C'est un problème absurde. Le fait de ne pas savoir est un handicap pour notre pays, qui sera vraisemblablement réglé dans les mois qui viennent."L'élu a déploré une "atteinte regrettable" à la liberté d'expression d'un journaliste. "Pourquoi Zemmour et pourquoi pas les autres? C'est une vraie question", s'est-il interrogé.Réquisitoire et plaidoiries vendredi.

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