Yémen: le président convoque le Parlement, l'opposition rejette le dialogue

0 18.11.2011 09:45

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, confronté à des protestations populaires, réunit mercredi la Chambre de députés et le Conseil consultatif, à la veille d'une manifestation de l'opposition qui a jugé "tardif" un appel au dialogue du parti au pouvoir. Cette réunion extraordinaire intervient alors que le chef de l'Etat a multiplié les mesures sociales et économiques, dont une augmentation des salaires, face à la montée de la grogne populaire dans ce pays pauvre de 24 millions d'habitants.La création d'un fonds pour l'emploi des diplômés de l'université et l'extension de la couverture sociale à un demi-million de personnes ainsi qu'une réduction de l'impôt sur le revenu figurent parmi les mesures décidées récemment, dans une apparente tentative de calmer une population minée par un chômage chronique et une pauvreté endémique.Quatre tentatives d'immolation par le feu, dont un cas mortel le 20 janvier, ont été signalées au Yémen, à l'instar d'un acte similaire d'un jeune homme en Tunisie, à l'origine de la révolte qui a conduit à la chute du président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier.Le parti au pouvoir, le Congrès populaire général (CPG), a plaidé simultanément pour "la poursuite du dialogue" avec l'opposition parlementaire, au terme d'une réunion vendredi de son bureau politique. Le dialogue sur des réformes politiques marque le pas depuis la décision des autorités d'organiser des élections législatives le 27 avril sans attendre le résultat de ce dialogue."Je crains que cet appel au dialogue ne soit tardif (...). Le dialogue n'est plus une revendication" des Yéménites qui "réclament désormais un changement de régime et le départ du président (Saleh)", a déclaré à l'AFP Mohamed Al-Sabri, un dirigeant du "Forum Commun", une alliance de l'opposition parlementaire.Le chef du Forum commun, Mohamed al-Moutawakel, a pour sa part assuré aux journalistes qu'il "n'y aura pas de dialogue sans l'annulation des mesures prises unilatéralement par le parti au pouvoir", dans une référence à la décision de tenir les élections et au projet d'amendements constitutionnels.Les députés doivent examiner le 1er mars une révision constitutionnelle susceptible d'ouvrir la voie à une élection à vie du président, au pouvoir depuis 1978.Des milliers de Yéménites, inspirés par la Tunisie et l'Egypte, avaient manifesté jeudi dernier à Sanaa à l'appel de l'opposition pour réclamer le départ du président Saleh.Alors que l'opposition a appelé à nouvelle "Journée de la colère" jeudi, le CPG a invité ses partisans à des manifestations mercredi."Le peuple va défendre ses intérêts, sa sécurité et sa stabilité, et s'opposer à ceux qui cherchent à provoquer une sédition" au Yémen, a déclaré à l'AFP le responsable de l'information au sein du CPG, Tarek al-Chami.M. Chami a exclu une réédition au Yémen du soulèvement en Tunisie ou celui en cours depuis une semaine en Egypte."La structure tribale de la société et la présence des armes aux mains de la population font que le Yémen ne connaîtra pas les mêmes événements en Egypte ou en Tunisie", a-t-il dit, accusant l'opposition à "chercher profit de ce qui se passe dans ces deux pays".Une situation chaotique au Yémen "sera plus grave (...) car elle entraînera dans son sillage le reste de la région", a averti le responsable du parti de M. Saleh en référence à la Péninsule arabique, dont l'Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole.Il semble faire allusion au risque que fait peser sur le Yémen le réseau Al-Qaïda, très actif dans ce pays, éclaboussé par ailleurs par un mouvement séparatiste dans le Sud et les séquelles d'une rébellion chiite dans le Nord.

 

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