Yemen: colis piégé sur un vol passagers, un artificier d'Al-Qaïda suspect clé

0 21.11.2011 10:35

Les colis piégés partis du Yémen et destinés aux Etats-Unis, dont l'un a été acheminé sur un vol passagers de Qatar Airways, ont été conçus par l'artificier d'Al-Qaïda ayant fabriqué une bombe pour l'attentat raté de Noël 2009 sur un vol Amsterdam-Detroit.Alors que deux colis piégés, prêts à exploser, ont été interceptés vendredi à Dubaï et en Angleterre, celui retrouvé dans les Emirats arabes unis a été acheminé via Doha, sur un vol passagers de Qatar Airways, a affirmé dimanche à l'AFP une source au sein de la compagnie.Qatar Airways a confirmé que le colis piégé avait été acheminé sur l'un de ses avions, mais sans préciser s'il s'agissait d'un avion cargo ou d'un vol commercial.La compagnie a rejeté toute responsabilité à propos du contenu du colis: "Ce n'est pas la responsabilité du pays dans lequel transite la cargaison de l'inspecter ou de le soumettre aux rayons X, mais celle du pays d'où la cargaison a été acheminée".Selon un responsable anti-terroriste américain, le "suspect clé" dans l'enquête sur ces colis est un jeune Saoudien connu pour être un artificier d'Al-Qaïda au Yémen. "Les activités passées de (Ibrahim Hassan) Al-Asiri font de lui un suspect clé", a dit à l'AFP ce responsable sous couvert d'anonymat, ajoutant: "Nous disposons d'éléments suggérant qu'il a joué un rôle dans plusieurs complots d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique, dont la tentative d'assassinat d'un responsable saoudien et la tentative d'attentat à Noël l'an dernier".Le conseiller du président américain Barack Obama pour l'antiterrorisme, John Brennan, avait auparavant déclaré sur la chaîne ABC: "Les indications dont nous disposons à l'heure actuelle, basées sur les analyses criminelles, montrent que l'individu responsable d'avoir fabriqué ces engins est le même" que celui ayant fabriqué la bombe pour l'attentat raté de Noël.Agé de 28 ans et installé au Yémen, Ibrahim Hassan al-Asiri, à qui l'on attribue la conception de la bombe à la penthrite placée dans le slip du jeune Nigérian Farouk Abdulmutallab, auteur de l'attaque manquée de Noël, figure sur la liste des hommes les plus recherchés par Ryad.Par ailleurs, M. Brennan a affirmé qu'il n'y avait "aucune indication qu'il y (ait) encore d'autres (colis piégés) en circulation", ajoutant que le gouvernement avait pris les mesures nécessaires au cas où il y en aurait.La ministre britannique de l'Intérieur, Theresa May, a indiqué pour sa part sur la BBC qu'un examen des procédures de sécurité allait être réalisé dans le fret aérien: "Nous regardons de près la façon dont le fret est inspecté, nous allons entamer des discussions avec les professionnels du secteur sur le sujet".Son homologue allemand, Thomas de Maizière, a indiqué que Berlin avait averti Londres, grâce à une information de "services secrets amis", de la présence d'un colis suspect ayant transité par l'aéroport de Cologne.Les autorités yéménites, qui continuaient de traquer des suspects, ont annoncé dimanche soir la libération d'une étudiante arrêtée la veille, "suspectée d'avoir envoyé des bombes dans des colis" et dont le numéro de portable figurait sur les bordereaux des paquets.Un responsable yéménite a indiqué à l'AFP que la jeune femme, Hanane al-Samaoui (22 ans), avait été libérée mais qu'elle avait l'obligation de se présenter aux autorités quand elles le demandent."Ma fille a été libérée, ainsi que sa mère, arrêtée en même temps qu'elle. Elle est innocente", a confirmé son père, Mohammad al-Samaoui.L'organisation yéménite de défense des droits de l'Homme Hooda avait mis en doute sa culpabilité, soulignant qu'"Al-Qaïda ne laiss(ant) jamais de traces".Plus de 500 étudiants de la Faculté de génie de l'Université de Sanaa ont manifesté pour réclamer sa libération.Les forces de sécurité ont établi des points de contrôle, vérifiant l'identité des passagers des voitures, à Sanaa, où les autorités ont fermé samedi les bureaux des compagnies FedEx et d'UPS, qui devaient acheminer les colis. Elles ont saisi 26 colis suspects et interpellé des employés des compagnies de transport aérien et de la division cargo de l'aéroport de Sanaa.Selon un haut responsable yéménite de l'aviation civile, Mohammad Abdel Rahmane Abdel Kader, "le gouvernement est en train d'examiner un renforcement des mesures de sécurité du fret aérien de manière à pouvoir examiner les cargaisons à 100% avant qu'elles ne soient chargées sur les avions".

 

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.