Xynthia: le maire de la Faute-sur-Mer poursuivi pour "homicide involontaire"

0 21.11.2011 10:33

René Marratier, le maire de la Faute-sur-mer (Vendée), a été mis en examen jeudi aux Sables d'Olonne pour "homicide involontaire" et "mise en danger de la vie d'autrui" après le drame de la tempête Xynthia, qui avait fait 29 morts en février 2010.Le juge d'instruction a estimé "qu'il y avait eu violation manifeste et caractérisée des obligations de prudence", a expliqué le procureur des Sables d'Olonnes, Thierry Dran au cours d'un point de presse.Si M. Marratier est le seul à avoir été mis examen à ce stade, "on ne peut pas exclure qu'il y en ait d'autres", a-t-il dit.Les gendarmes enquêtent depuis plusieurs mois pour déterminer les éventuelles responsabilités humaines dans le drame, notamment pour les conditions d'urbanisation des lotissements inondés ou le processus d'alerte au moment de la tempête.Vilipendé par certains, défendu bec et ongles par d'autres, M. Marratier, un entrepreneur corpulent de 58 ans qui aligne quatre mandats de maire, a toujours démenti toute défaillance dans le processus d'alerte le soir de la tempête et toute irrégularité dans l'urbanisation de sa très touristique commune.Il "a refusé de s'expliquer" devant le juge, comme il en a le droit, a indiqué le procureur. Il a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire."On a le sentiment qu'on fait payer un homme pour peut-être cacher d'autres responsabilités", a commenté son avocat, Me Olivier Metzner.Pour l'avocate des victimes, Corinne Lepage, aussi, "il va falloir aller plus loin et regarder toute la chaîne de responsabilités" et il faut notamment "regarder du côté des services de l'Etat".Le 28 février 2010, la brusque montée des eaux provoquée par l'effet conjugué des vents violents et d'une marée de fort coefficient avait fait 29 morts dans la petite station balnéaire vendéenne."Quelques heures avant le drame", la circulaire préfectorale reçue par le maire mentionnait "un risque de submersion des rivages, en aucun cas des maisons", selon l'avocat. "Le conseil du préfet était de conseiller à chacun de rester chez soi. Ceux qui sont restés à leur domicile (...) sont décédés", a-t-il dit.Le bulletin d'alerte météo transmis par la préfecture aux maires concernés, y compris celui de la Faute-sur-Mer, prévenait d'un risque de "fortes vagues déferlant sur le littoral" et "d'une élévation temporaire du niveau de la mer pouvant submerger certaines parties du littoral", selon le document dont l'AFP a eu copie."Si vous êtes riverain d'un estuaire, prenez vos précautions face à de possibles inondations et surveillez la montée des eaux", précisait le message de mise en vigilance rouge.Plus globalement, "le bilan de la catastrophe qui a touché l’ouest de la France le 28 février 2010 n’est pas le fruit du hasard" mais "l’aboutissement d’un processus de construction du risque qui a autorisé l’installation de populations vulnérables dans des habitations inadaptées au risque inondation et clairement exposées à la submersion marine", selon une étude universitaire publiée en février 2011 par la revue "Place Publique"."La totalité des victimes à la Faute-sur-mer habitait des maisons construites depuis 1980", selon cette étude. Pour Me Lepage, l'Etat a sa responsabilité dans le processus d'urbanisation même tout a été développé sous l'impulsion du maire, René Marratier.Différentes expertises menées depuis la tempête ont permis d'établir qu'à la Faute-sur-Mer, environ un demi-millier de maisons -soit une sur cinq - étaient bâties en zone inondable. En avril 2010, le tribunal administratif de Nantes a annulé un permis de construire délivré par M. Marratier le 13 mai 2007.

 

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