Woerth/Le Monde: pluie de critiques contre l'exécutif, l'informateur cloué au pilori

0 21.11.2011 09:32

"Dévoiement", "effondrement moral" : de la gauche à l'extrême droite, l'indignation est restée vive mardi, au lendemain d'accusations d'espionnage lancées contre l'Elysée, le camp présidentiel fustigeant pour sa part l'attitude "inadmissible" de l'informateur du Monde. La tempête politique autour de l'affaire Woerth/Bettencourt est repartie de plus belle, plusieurs responsables pointant cette fois-ci du doigt un dysfonctionnement général au coeur de l'Etat. La gauche, qui avait déjà réagi vivement lundi après la sortie du Monde, a continué à enfoncer le clou. "Ca ne tourne plus rond au sommet de l'Etat", a estimé l'ex numéro un du PS, François Hollande, appelant à l'ouverture d'une information judiciaire pour clarifier l'affaire.Le Monde accuse l'Elysée d'avoir sollicité le contre-espionnage pour identifier l'informateur d'un de ses journalistes enquêtant sur les soupçons de conflits d'intérêt visant Eric Woerth dans l'affaire Bettencourt. Il s'agit de David Sénat, magistrat et conseiller de la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie qui a depuis été appelé à d'autres fonctions.La Direction centrale du Renseignement intérieur (DCRI), chargée du contre-espionnage, a confirmé avoir enquêté, mais l'Elysée a démenti avoir commandité cette enquête. Des dénégations répétées mardi par Brice Hortefeux (Intérieur) à l'Assemblée nationale, où la controverse s'est poursuivie avec des questions incisives de députés PS.Il "n'y a eu aucune demande de l'Elysée", a répondu le ministre à Elisabeth Guigou, rappelant l'époque du "cabinet noir" de l'ère Mitterrand "qui en toute illégalité procédait à des écoutes". Lors du petit-déjeuner des responsables de la majorité mardi à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a jugé "très grave" qu'un "magistrat viole le secret auquel il est tenu", a rapporté un membre de l'UMP. Il a assuré qu'il n'y avait eu "aucune demande de l'Elysée dans cette affaire", avant d'ajouter ironiquement à l'adresse du quotidien: "On n'est jamais déçu par l'attitude du Monde!" A Aurélie Filippetti (PS) qui dénonçait à l'Assemblée une sorte de "Watergate à la française", le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a répondu en ciblant le conseiller de MAM. "Il est absolument inadmissible qu'un haut fonctionnaire, membre d'un cabinet, puisse divulguer des informations confidentielles, violant par là même le secret professionnel et le secret de l'enquête".Interrogée dans les couloirs du Sénat, Mme Alliot-Marie a affirmé qu'elle aurait "mis fin immédiatement" aux fonctions de David Sénat s'il ne les avait pas déjà quittées. Citée par une partie de la presse comme pouvant succéder à François Fillon à Matignon, elle a été égratignée par le Premier ministre, qui, devant les députés UMP, a déploré les "fuites répétées" émanant de son cabinet."Jamais nous n'avons eu un tel spectacle de dévoiement" de la politique, a commenté Ségolène Royal, tandis que le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault a estimé qu'il s'agissait d'une "affaire d'Etat", et sommé l'exécutif de "s'expliquer".A droite, l'ex Premier ministre, Dominique de Villepin, a évoqué un "cafouillage et une pagaille" autour de l'affaire Bettencourt-Woerth-Le Monde.A l'extrême droite, Marine Le Pen (FN) a jugé que l'Etat "s'effondrait moralement". "Les moyens de l'Etat sont détournés au bénéfice d'un parti politique", a-t-elle asséné."Si Le Monde a des informations, comme il a mis en cause très directement l'Elysée, je souhaite qu'il les fournisse très rapidement à la justice", a déclaré François Sauvadet, le chef de file des députés Nouveau centre.Lors d'un déplacement dans le Val-de-Marne, Nicolas Sarkozy s'est refusé à tout commentaire sur les affirmations du Monde.

 

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