Vendanges en Champagne : premiers coups de sécateurs dans l'Aube

0 21.11.2011 09:25

Les brumes matinales à peine dissipées, une vingtaine de travailleurs saisonniers cueillaient lundi les grappes de Chardonnay à Montgueux (Aube) où débutent les vendanges en Champagne, alors que la profession redoute les conséquences des pluies."Ici, nous sommes pour le moment peu touchés par le (champignon, ndlr) botrytis, mais nous croisons les doigts pour que la ciel soit clément pendant les dix jours des vendanges", espère Régis Corniot qui exploite avec son épouse Isabelle sept hectares de vigne dans la commune proche de Troyes."Il est encore tombé en fin de semaine dernière près de 100 ml et les attaques de botrytis peuvent être foudroyantes", redoute-t-il.Les saisonniers, sécateurs en mains, ont d'abord investi la partie la plus plate du vignoble, avant d'attaquer les coteaux les plus pentus: les caisses de raisins vert tendre où apparaissent quelques grains noircis par la pourriture, sont chargées avec soin.Selon le vigneron, "la quantité est bonne et comme les rendements ont été fixés assez bas à 10.500 kg/hectare, la consigne est de trier les grappes pour ne cueillir que les plus belles".Selon le Comité interprofessionnel des vins de champagne (CIVC), certains secteurs de la Marne et de l'Aisne sont touchés par le botrytis à plus de 20% principalement sur les pinots noirs et meuniers."Cette année, il ne sera pas question de millésimer, même si, avec 10,7°, le taux de sucre est plutôt bon", constate M. Corniot après avoir contrôlé au réfractomètre le premier marc qui coule de son pressoir.Pour lui, comme pour l'ensemble de la profession, cette récolte devrait marquer la fin de crise traversée par la Champagne en 2009, quand les ventes avaient chuté jusqu'à -19%."Le marché repart très fort surtout pour les grandes maisons, et si les petits vignerons perdent un peu cette année, on est confiant pour la suite", se réjouit M. Corniot.Le viticulteur avoue un baisse de 2% de son chiffre au premier semestre 2010, alors que, selon le CIVC, ses confrères accusent en moyenne une perte de 4,5%."J'ai su garder des prix raisonnables et je travaille principalement pour le marché français", confie-t-il.Dans les vignes, alors que le soleil chauffe timidement, la vingtaine de vendangeurs progressent, accroupis entre les rangées, et remplissent leur panier en cherchant la position la moins douloureuse.Payés à la tâche, ils vont cueillir entre 600 kg et une tonne de raisin pour gagner entre 60 et 120 euros par jour."S'il pleut ce sera encore plus dur, mais on aime travailler dehors et puis ça gagne bien", affirme Vincent, 23 ans, un tsigane habitué des travaux saisonniers, venu spécialement de Nevers pour les vendanges.A partir du 15 septembre, quelque 100.000 vendangeurs travailleront dans les 34.000 hectares de l'appellation dans l'Aube, l'Aisne et la Marne jusqu'au début du mois d'octobre pour produire un champagne qui restera en cave pendant au moins trois ans avant d'être commercialisé.

 

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