Une visite originale pour re-découvrir Le Mans

0 17.11.2011 17:56

Une visite originale a lieu ce jeudi pour re-découvrir le centre du Mans. L’occasion de mieux comprendre dans quelle ville nous vivons, dans les pas d’Arnaud Gasnier, géographe à l’université.Une ville basse« La ville a eu longtemps l’image d’un gros bourg, d’une ville rustique. La raison principale tient à son histoire : la ville s’est constituée fin XIXe et jusqu’au XXe siècle par une population qui venait de la campagne. Elle s’est installée en ville avec sa représentation rurale : une petite maison, un jardin-potager.C’est l’histoire de la « Mancelle ». De fait, il y a une très faible densité de population au Mans. C’est une ville dite basse, contrairement aux villes hautes (Ndlr : pavillons plutôt qu’immeubles). En outre, il n’y a pas au Mans de différenciation sociale très marquée, entre le centre-ville et les quartiers ».La Percée centrale« Au lendemain de la guerre, le politique s’est posé la question de la modernité que l’on peut résumer ainsi : il faut raser des hectares de vieux quartiers. Avec l’opération de la Percée centrale en 1964, il s’agit de construire un quartier moderne, et ensuite de l’adapter à l’automobile, il faut donc ouvrir la ville et tracer de larges avenues. Il faut bien imaginer aussi que le Vieux-Mans a failli disparaître dans les années 70, les deux-tiers étaient condamnés.En 1960, il était prévu d’aménager un périmètre de 4,5 ha avec des immeubles de plus de quatre étages en forme de barres, des parkings, de nouvelles percées, etc. On a même imaginé de construire une 2x2 voies au pied des murailles, à l’image de ce qui s’est fait à Angers.Le Vieux-Mans était voué à disparaître. Ce qui a sauvé Le Mans et qui a stoppé cet urbanisme, c’est la loi Malraux qui inscrit des sites sauvegardés. Il y a eu une montée des associations d’habitants, car là on touchait aux racines mêmes du Mans ».Les visages de la Rep’« Après 1945, la place était un square orné de la statue de Chanzy, avec tout autour des marronniers. La place a été ensuite ouverte avec la Percée centrale, dotée d’un parking souterrain et d’un centre commercial.C’est la modernité de l’époque qui consacre le tout-automobile. On a vu au fil des années que la place ne vivait plus en surface, et que l’urbanisme souterrain a vite mal vieilli.Petit à petit, elle s’est transformée en cour urbaine avec une limitation de circulation à 30 km/heure, et la mise en place de voie piétonne avec la rue des Minimes en 1978. Les urbanistes se sont aperçus en fait que l’on était trop loin dans l’espace dévolu à l’automobile.Il y a eu le début d’un changement de regard. Aujourd’hui, on a radicalement changé de paysage avec une place essentiellement piétonne. C’est aussi un nouveau rapport à la modernité ».Le centre-ville aujourd’hui« Le tram a entièrement redessiné l’espace public. Si on prend l’exemple de la place de la République, on voit bien que l’espace est ouvert, il n’y a plus de petits endroits en retrait, peu de bancs, tout pour éviter le conflictuel. La conception de la ville a évolué : aujourd’hui c’est la nature qui prime. La modernité, c’est la nature. Au Mans, on a l’exemple de l’île aux Planches ou du parc Monod. L’urbanisme du Mans est en fait un urbanisme modéré ».Arnaud Gasnier est l’auteur de « Le Mans, peut-on changer la ville ? », Anthropos, collection Villes, paru en 2000

 

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