Une journée avec la substitut du procureur au Mans

0 21.11.2011 09:42

Faire vite. Et bien. Dans le bureau de la permanence parquet, sorte de « tour de contrôle de la justice », dixit le procureur Joëlle Rieutort, pas de temps à perdre : le rythme est soutenu pour le substitut de permanence et la greffière. Le téléphone sonne à longueur de temps, et parfois, les six lignes sont encombrées. Le plus souvent, à l’autre bout du fil, des enquêteurs de la police ou de la gendarmerie, qui rendent compte des enquêtes en cours, des gardes à vue, qui évoquent les dossiers du moment. Et tous attendent que le magistrat prenne une décision sur les suites à donner.À 28 ans, Julie Bernier est la plus jeune substitut du Parquet du Mans. Petit aperçu du travail, colossal, qu’elle effectue lors d’une journée de permanence au service TTR (traitement en temps réel).7h45 : arrivée au bureauLes gardes à vue de la nuit arrivent par fax. Les noms des mis en cause sont inscrits au tableau. Leur cas sera suivi tout au long de la journée. Voire plus.9 heures : le relaisLaure Moisset, qui a assuré la permanence de nuit, fait le point avec Julie Bernier, qui a pris son relais. La nuit a été plutôt calme. Un homme a été placé en garde à vue à 23h30 pour avoir menacé son beau-père avec un couteau. Une mesure levée à 3 heures par Laure Moisset pour le placement du mis en cause en hôpital psychiatrique.9h20 : premier dossierC’est la police d’Allonnes qui appelle : un homme a été interpellé pour le vol d’une pompe à eau, d’un paillasson et de pots de fleurs… Première affaire de la journée, qui sera suivie de nombreuses autres. Le marathon a commencé !10h30 : débat JLDUne personne qui n’a pas respecté son contrôle judiciaire est conduite devant le juge des libertés et de la détention. Julie Bernier se rend, quelques minutes, au débat, pour requérir son placement en maison d’arrêt.10h50 : premier défèrementDepuis le début de matinée, le téléphone n’a cessé de sonner. Pendant une quinzaine de minutes, la magistrate est injoignable : un agresseur sexuel présumé lui est présenté (lire encadré). Un autre défèrement aura lieu en fin de journée : un jeune majeur de 18 ans, qui arrive le sourire aux lèvres. « Ça vous amuse de vous retrouver ici ? Ça peut vite finir très mal vous savez ! », lui lance la magistrate. Pour avoir pointé un couteau sur le ventre d’un adolescent, le mis en cause encourt 7 ans de prison. Il quitte, les larmes aux yeux, le bureau. Il sera placé sous contrôle judiciaire.11h30 : accident mortelCe sont les gendarmes qui appellent. Une femme vient de trouver la mort sur la route, dans un choc frontal. Décision de Julie Bernier : « vous effectuez un examen de corps. » En fin de journée, elle délivrera le permis d’inhumer.15h00 : oreille coupéeUne bagarre a mal fini dans le sud du département. Un homme a été passé à tabac. On lui a coupé une oreille au sabre, et on lui a uriné dessus. Plusieurs auteurs présumés sont en garde à vue. Julie Bernier fait le point avec les enquêteurs, et l’on essaie de définir les rôles des uns et des autres. Des prolongations de garde à vue sont décidées par la substitut.16 heures : on voit de toutCoup de fil du commissariat du Mans : un homme a été surpris dans le train en pleine action de… masturbation. Il se trouvait seul avec un autre homme dans le wagon. Il pensait ne pas être vu. Mais un serveur est arrivé… « Le train est un lieu public, mais il n’a visiblement pas voulu s’exhiber », explique Julie Bernier. Elle décide de classer sans suite.19h15 : le pointFin de journée : Julie Bernier se prépare à passer le relais à Laure Moisset, qui sort de l’audience. On fait le point sur les affaires en cours. La substitut en fait de même avec le procureur, Joëlle Rieutort.Nicolas FernandL'intégralité du dossier à lire, ce vendredi, dans «Le Maine Libre»

 

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