Une boisson promet de stopper l'ivresse et fait grincer des dents

0 21.11.2011 13:36

Accélérer "de façon importante la chute du taux d'alcool dans le sang": c'est ce que promet une boisson "révolutionnaire" qui sera présentée en France vendredi et qui s'attire déjà les foudres des acteurs de la lutte contre l'alcoolisme.Cette boisson à base de fructose, d'acide ascorbique et d'arômes "accélère la diminution d'alcool dans le sang", selon Maurice Penaruiz, PDG d'Outox, société implantée au Luxembourg. Son effet est "variable selon les sujets", a-t-il toutefois précisé à l'AFP.Elle sera en vente à partir du 18 juin sur internet, sous forme de canettes de 25 centilitres, au prix unitaire de 3,99 euros. M. Penaruiz espère en écouler 250.000.Des négociations avec des distributeurs sont en cours, a expliqué une porte-parole d'Outox à l'AFP, pour que ces canettes soient ensuite vendues dans des grandes surfaces, des bars ou des restaurants. "ça peut même être vendu dans des distributeurs automatiques au sortie des facs, des boites de nuit...", a-t-elle ajouté.Une idée qui fait bondir les acteurs de la lutte contre l'alcoolisme, qui craignent que ce type de produit incite les gens, en particulier les jeunes, à boire plus quand ils sortent ou avant de conduire.Pour la Sécurité routière, il n'existe pas de formule miracle pour faire baisser le taux d'alcoolémie dans le sang. L'alcool est la première cause de mortalité sur les routes."On voit apparaître régulièrement ce type de produits et je suis très sceptique", appuie Patrick Fouilland, président de la Fédération des acteurs de l'alcoologie et de l'addictologie.De plus, même si cette boisson se révèle efficace, la personne en consommant ne saura pas quand elle sera revenue au taux autorisé de 0,50 gramme d'alcool par litre de sang. "Cela risque d'encourager les gens à conduire sans avoir évalué leur taux d'alcool", avertit le Dr Alain Rigaud, président de l'association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA)."Les études (médicales ndlr) sont probantes", répond M. Penaruiz. Elles seront dévoilées lors de la conférence de presse.Pour lui, il ne s'agit pas d'inciter à boire. "Le marketing sera fait avec deux mentions additionnelles 'il faut boire avec modération' et 'ayez le réflexe éthylotest'", avance-t-il.Une précaution insuffisante pour M. Fouilland, qui critique "la nocivité du message" d'un tel produit.Si cette boisson permet réellement de réduire plus vite le taux d'alcool dans le sang, elle pourrait relever du domaine des alicaments, qui sont soumis à une législation spécifique, explique pour sa part la direction de la concurrence (DGCCRF), qui dit suivre le dossier. "Or, à ce jour, de telles propriétés n'ont jamais été validées scientifiquement", rappelle-t-elle.Car ce n'est pas la première fois que les pouvoirs publics sont confrontés au lancement de ce type de mixtures, qui les laissent relativement désarmés, selon le ministère de la Santé. Impossible de les interdire en effet tant qu'elles ne sont pas dangereuses.Une première version d'Outox avait ainsi déjà été lancée par son fondateur, le Belge Marc Smaele au Canada, au Japon, en Hongrie ou en Espagne, mais uniquement pour des opérations ponctuelles.En France, le précédent qui avait fait le plus de bruit en France était celui de Security Feel Better, qui prétendait permettre de faire chuter trois à six fois plus vite le taux d'alcool dans le sang et qui avait été interdite quelques mois en 2006.

Abonnement

Retrouvez toutes nos offres
à partir de 1€ par mois

Je m'abonne

 

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.