Un Malien meurt après deux décharges de Taser

0 17.11.2011 21:35

Un Malien de 38 ans en situation irrégulière est mort dans la nuit de lundi à mardi à Colombes (Hauts-de-Seine) après avoir reçu deux décharges du pistolet à impulsions électriques Taser pendant son interpellation, relançant les interrogations sur cette arme.C'est la première fois en France qu'une utilisation du Taser coïncide avec un décès. L'Inspection générale des services (IGS, "police des polices") a été saisie d'une enquête par le parquet de Nanterre. Une autopsie sera menée mercredi.Une porte-parole de la police a dit à l'AFP qu'il avait été fait "usage du Taser par deux fois". "A l'issue de l'intervention, la personne est décédée d'un malaise dont l'origine reste à déterminer", selon cette source.Le réseau d'alerte et d'intervention pour les droits de l'Homme (RAID-H) a réclamé "un moratoire immédiat" de l'utilisation du Taser, tandis que l'opposition demandait un réexamen des "conditions d'emploi" (Julien Dray, PS) de l'arme, la reconnaissance "de (sa) dangerosité" (Ian Brossat, PCF/PG) et une "enquête parlementaire" (Jean-Michel Baylet, PRG).Amnesty International France a exprimé son "extrême réserve" pour l'utilisation du Taser, le Mrap a exigé son "bannissement".Pour le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, les policiers ont été "contraints d'utiliser" le Taser en raison de l'agitation de la victime au moment de l'interpellation. Alliance (second syndicat de gardiens de la paix) a invoqué la "légitime défense".Olivier Besancenot (NPA) a estimé que M. Hortefeux défendait "l'indéfendable" et se comportait en "VRP" de la société Taser quand il affirmait que "l'alternative au Taser dans le monde entier, c'est l'arme à feu".Pour le directeur de Taser France, Antoine di Zazzo, "seule l'autopsie de cet homme permettra de dire si notre pistolet est responsable du décès". "A ce jour, dans le monde, le Taser n'a jamais tué quelqu'un", a-t-il affirmé.Selon la préfecture de Police de Paris (PP), des effectifs de la direction territoriale de la police de proximité (DTSP) ont été appelés lundi vers 23h30, pour un différend rue Gabriel-Péri, à Colombes, entre l'homme et son co-locataire.Au moment du contrôle d'identité, l'homme a "pété les plombs", selon une source policière, une thèse confortée sur France Info par le co-locataire, Edouard Torval, selon qui l'homme était "incontrôlable", s'est "carrément battu avec les policiers" à qui il a "donné des coups de marteau".Arrivé en France en 2003, la victime avait une autorisation provisoire de séjour datant de 2006 qui n'était plus valable. Elle était sous le coup d'une reconduite à la frontière.Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes et d'un bâton de défense sans parvenir à le neutraliser. Décrit comme particulièrement violent et de forte corpulence par la police, l'homme a tenté de s'enfuir dans les étages. Il a à nouveau utilisé son marteau contre huit policiers dont quatre ont été légèrement blessés. La police a alors fait usage du Taser.Les décharges n'auraient pas eu d'effet sur lui, l'homme étant même parvenu à retirer les fils du Taser après la première décharge, selon la police.Selon un voisin qui a assisté à la scène en regardant à travers le judas de sa porte, la police aurait tiré à trois reprises, ajoutant que la victime avait été transportée comme un "sac de patates" jusqu'à l'ascenseur.L'homme a alors fait un "malaise cardiaque" dans l'ascenseur, selon la PP. Malgré l'intervention des pompiers et du Samu, il n'a pas pu être réanimé et est mort vers 01h30.

 

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