Un jeune homme meurt à la suite d'un apéro géant à Nantes

0 21.11.2011 13:55

Un jeune homme de 21 ans s'est tué à Nantes en tombant d'un pont à la sortie d'un apéro géant Facebook, premier accident mortel depuis l'essor de ce type de rassemblements qui suscitent l'inquiétude et la réprobation des autorités.Les rassemblements festifs, suivant des appels lancés sur le réseau social Facebook, se multiplient depuis plusieurs mois en France.Le jeune homme mort jeudi quittait l'apéro géant qui a réuni au plus fort, entre minuit et 01h30, de 9 à 10.000 personnes sur la place Royale de Nantes, selon les derniers chiffres des autorités.La victime est passée par-dessus le pont de la Rotonde, dit pont LU, et a fait une chute de cinq mètres sur la tête. Les amis qui l'accompagnaient, et qui "avaient consommé de l'alcool" pendant la soirée selon la préfecture, ont immédiatement prévenu les secours.Des analyses toxicologiques sont en cours, les premiers éléments de l'autopsie ont démontré que le jeune homme, maçon de profession, avait succombé à la suite de traumatismes thoraciques et crâniens, selon le parquet de Nantes.L'issue dramatique a fait dire à la préfecture que la manifestation s'était "confirmée être un rassemblement comportant des risques très sérieux" avec "un coût élevé" et favorisant "les conduites dangereuses". Elle a aussi souligné "une forte présence de mineurs et d'adolescents", en particulier en début de soirée mercredi.Après un premier apéro géant en novembre 2009 au cours duquel avaient été comptabilisés 50 comas éthyliques et des chutes dans la Loire, la préfecture de Loire-Atlantique avait mis en garde les organisateurs. Elle avait répété que l'apéro de mercredi soir se déroulait "en dehors du cadre légal".La vente de boissons alcoolisées avait été interdite dans une large partie du centre-ville.De nombreux effectifs avaient été mobilisés: 570 personnes dont 370 policiers et gendarmes. A l'issue de l'événement, 41 personnes ont été placées en garde à vue (trafic de stupéfiants, dégradations, ivresses ou violences...).Christophe Moreau, sociologue de l'université Rennes II, spécialisé dans l'étude des phénomènes de jeunesse, a participé à l'apéro de Nantes. Selon lui le rassemblement était "festif", avec des "gens qui se parlent beaucoup" et "des actifs", pas seulement des ados, a-t-il raconté à l'AFP.Interrogé sur le drame, il a répondu qu'il n'y avait "pas de risque zéro". Il a manifesté la crainte que quelqu'un ne tombe de la fontaine où s'étaient juchées des dizaines de personnes.M. Moreau préconise qu'autorités et responsables de ce type d'événements organisent l'espace public lors des apéros (mise en place de poubelles, d'espaces de danse...) et qu'ils "réfléchissent sur les politiques éducatives et de la jeunesse".Ces rassemblements, fait-il remarquer, empruntent aussi à la tradition espagnole de boisson en public au cours de réunions de rue, connus sous le terme de +botellon+.A Montpellier, où près de 10.000 personnes se sont rassemblées aussi à l'appel de Facebook, la nuit n'a pas connu une issue aussi dramatique. Les secours ont pris en charge 29 personnes, 10 ont été hospitalisées mais il n'y a pas eu de coma éthylique.Un apéro est prévu le 23 mai sur le Champ de Mars à Paris.

 

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