Tunisie: le gouvernement allège le couvre-feu mais reste vigilant

0 21.11.2011 10:01

Le gouvernement tunisien pariait samedi sur une amélioration de la situation sécuritaire, en allégeant une nouvelle fois le couvre-feu, mais reste vigilant face à une situation sécuritaire et sociale encore incertaine, trois semaines seulement après la chute de Ben Ali.Les autorités ont annoncé vendredi soir une réduction de deux heures du couvre-feu qui s'appliquera dès ce samedi de minuit à 04H00 locales, "en raison de l'amélioration de la sécurité dans le pays".La Grande-Bretagne a d'ailleurs levé vendredi sa mise en garde sur les voyages en Tunisie, en accordant un satisfecit au gouvernement transitoire: "On en est encore au tout début. (...) Mais la Grande-Bretagne pense que ces actions sont encourageantes".Vital pour le pays, le tourisme devrait retrouver au printemps son niveau d'avant les troubles qui ont fait fuir des milliers d'étrangers, assurait vendredi le ministre du Tourisme Mahdi Houas.Le couvre-feu a été allégé une première fois le 26 janvier (22H00-04HOO), depuis son instauration le 12 du même mois, deux jours avant la fuite du président Zine El Abidine Ben Ali.Vendredi soir, on sentait déjà à Tunis comme un début d'insouciance retrouvée sur l'avenue Habib Bourguiba, théâtre il y a peu des manifestations monstres qui ont fait tomber Ben Ali le 14 janvier. Des jeunes jouaient au football sur le trottoir.En bas de l'avenue, quelques blindés de l'armée sont bien encore là devant le ministère de l'intérieur, mais les mitrailleuses des tourelles sont bâchées.Des grappes d'à peine quelques dizaines de jeunes font encore parfois des allers et retours sur les "Champs Elysées de Tunis" avec des slogans anti-RCD (le parti de Ben Ali) mais quand ils buttent sur les blindés, ils font gentiment demi-tour et repartent dans l'autre sens.Le gouvernement de transition ne baisse pas pour autant la garde. Le souvenir de l'"assaut" donné lundi par des centaines de personnes contre le ministère de l'intérieur est encore frais.Le ministre, Farhat Rajhi, avait dû s'enfuir du bâtiment, il y a peu encore forteresse imprenable du régime policier de Ben Ali. Le lendemain il parlait à la télévision d'un "complot contre l'Etat".A l'intérieur du pays, la situation reste incertaine: vendredi soir, plusieurs centaines de personnes ont manifesté devant un commissariat à Sidi Bouzid (centre) après la mort de deux personnes qui y étaient détenues. Trois voitures de police ont été incendiées, selon un témoin contacté par l'AFPPour le ministre de l'Intérieur, il s'agit d'un crime qui pourrait être l'oeuvre de partisans de l'ancien régime.Le gouvernement, qui développe son programme d'indemnisation aux familles des victimes de la répression de janvier, est par ailleurs confronté à une grogne sociale persistante dans les mines de phosphate de Gafsa (centre-ouest) paralysées par des demandeurs d'emploi qui bloquent les sites.Depuis deux semaines, les deux sociétés publiques CPG (Compagnie des phosphates de Gafsa) et Groupe chimique tunisien (GCT) perdent environ 3 millions de dinars (1,5 million d'euros) chaque jour, selon l'agence TAP.Alors que douze membres du parlement européen poursuivaient samedi leur mission de soutien et d'information à Tunis, le Parti socialiste français a apporté "son soutien à toutes les forces démocratiques engagées dans la construction d'une Tunisie nouvelle", au terme d'une mission dans le pays.Pas un jour ne se passe désormais sans que l'équipe en charge de la transition ne reçoive des soutiens extérieurs.Ainsi le Danemark a-t-il annoncé un renforcement de son soutien aux réformes démocratiques en Tunisie, mais aussi en Egypte, avec un budget de 1,34 million d'euros pour aider notamment "les médias libres et la société civile".

 

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