Tunisie: démission du chef de la diplomatie, retour prévu d'un chef islamiste

0 18.11.2011 09:44

Le chef de la diplomatie tunisienne, Kamel Morjane, a annoncé sa démission jeudi du gouvernement de transition, quelques heures avant un remaniement attendu de l'équipe contestée par la rue pour la présence de nombreux ministres du président déchu Ben Ali.En revanche, le Premier ministre du gouvernement de transition, Mohammed Ghannouchi, dernier chef du gouvernement du président déchu Ben Ali, a été reconduit jeudi à la tête du gouvernement dont il a annoncé la nouvelle composition à la télévison nationale.Par ailleurs, le chef du parti islamiste tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi, en exil à Londres, prévoit de rentrer dimanche plus de 20 ans après avoir quitté la Tunisie, selon le porte-parole d'Ennahda à Paris."Il ne rentre pas en triomphant, en revendiquant une quelconque place au gouvernement, mais comme simple citoyen", a déclaré à l'AFP Houcine Jaziri, représentant en France du parti interdit sous l'ancien régime.Des milliers de Tunisiens ont de nouveau manifesté jeudi pour exiger le départ des ministres qui avaient servi le président Zine El Abidine Ben Ali, comme M. Morjane, à l'appel de la puissante centrale syndicale UGGT.L'Union générale des travailleurs tunisiens a annoncé sa décision de ne pas participer au prochain gouvernement mais a accepté M. Mohamed Ghannouchi en reste le chef bien qu'il ait été le dernier Premier ministre en date de Ben Ali."Non au vol de la révolution!" ont scandé des manifestants qui ont défilé dans les rues de cette localité où l'immolation par le feu d'un jeune homme à la mi-décembre a marqué le début des émeutes qui ont balayé le régime.La manifestation s'est déroulée sans incident sous le contrôle d'unités de l'armée déployées à la place de la police, auteur de la répression sanglante qui a précédé la fuite le 14 janvier du dictateur et de sa femme.A Tunis, des milliers de manifestants ont poursuivi le siège des bureaux du Premier ministre de transition sur l'esplanade de la Kasbah. L'armée a fait barrage à une manifestation de professeurs et d'élève du secondaire en grève qui tentaient de les rejoindre, a constaté l'AFP.M. Ghannouchi, trés contesté pour avoir été le dernier chef de gouvernement de Ben Ali, mettait jeudi la dernière main à la refonte de son équipe de transition annoncée le 17 janvier et forte à l'origine de 24 ministres. Quatre avaient immédiatement démissionné, pour protester contre la mainmise sur les postes-clefs de figures de l'ancien régime. L'UGTT, qui a joué un rôle fondamental dans l'encadrement de la révolte populaire, s'est réunie jeudi et a pesé de tout son poids pour obtenir le départ de l'exécutif des sept ministres ayant servi le régime corrompu et autoritaire de l'ancien chef de l'Etat.Selon une source proche des négociations, le Premier ministre serait prêt à sacrifier trois ministres hérités du régime Ben Ali : ceux de la Défense, de l'Intérieur et des Affaires étrangères. Pour ce dernier poste Kamel Morjane a lui même annoncé son départ.A Sidi Bouzid, où l'UGTT a appelé à une grève générale, des milliers de manifestants ont lancé : "Dégagez les pourris!".Le cortège a marqué une autre pause face au Gouvernorat (préfecture), où Mohamed Bouzazizi, un jeune marchand de fruits, s'était immolé par le feu le 17 décembre. Des manifestants ont déployé une photo géante de leur "martyr" sur le toit du bâtiment officiel, tandis que d'autres criaient: ""Allah Akbar!, (Dieu est grand), nous resterons fidèle au sang des martyrs".En Egypte, des manifestations sans précédent depuis 30 ans, inspirées du modèle tunisien, se poursuivent pour exiger le départ du président Hosni Moubarack alors l'opposant Mohamed ElBaradei est rentré au pays pour participer à la contestation.Au Yémen, des milliers de personnes ont manifesté jeudi à Sanaa à l'appel de l'opposition pour réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

 

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.