Tour de France: Voeckler s'empare du maillot jaune dans une journée-choc

0 21.11.2011 11:40

Thomas Voeckler s'est habillé du maillot jaune en conclusion d'une journée-choc sur le Tour de France, dimanche à Saint-Flour, où l'Espagnol Luis Leon Sanchez a gagné la 9e étape.Voeckler a repris un maillot qu'il avait porté durant dix jours en 2004. "Je ne voulais pas avoir de regrets mais j'avoue que je ne pensais pas au maillot jaune. Je ne croyais pas pouvoir avoir ce maillot une deuxième fois", a déclaré le Français.Choc, celui qui a mis fin au Tour d'Alexandre Vinokourov, probablement le dernier pour le Kazakh, et du Belge Jurgen Van den Broeck, l'autre victime de marque d'une maxi-chute à une centaine de kilomètres de l'arrivée. Choc encore, la chute de l'Espagnol Alberto Contador, apparemment sans trop de gravité durant la première partie de l'étape mais qui a révéillé une douleur au genou droit pour le vainqueur sortant.Choc enfin, l'incroyable accident qui a projeté l'Espagnol Juan Antonio Flecha sur la chaussée et le Néerlandais Johnny Hoogerland sur des barbelés, alors qu'ils figuraient dans le groupe de tête fort de cinq coureurs, à une quarantaine de kilomètres de Saint-Flour.L'incident a été provoqué par une voiture suiveuse qui voulait doubler l'échappée et a contrevenu, dixit le directeur du Tour Christian Prudhomme, aux consignes. Hoogerland, les jambes et les genoux entaillés, a rallié l'arrivée avec plus de 16 minutes de retard. Flecha, moral en berne, l'a précédé de quelques secondes."La voiture qui a fait tomber Flecha et Hoogerland aurait pu me faire tomber moi aussi", a déclaré Voeckler, lui-même touché à une cheville dans cet accident. "C'est très regrettable. Il y a assez de risques comme ça dans une course".Pareil épisode est rarissime sur la Grande Boucle. Les plus marquants accidents de ce genre, qui ont touché des coureurs jouant la victoire dans le Tour, datent des années 1960-70. Raymond Poulidor fut renversé par une moto en 1968 -dans un Tour qui lui semblait acquis- sur la route d'Albi. Le Belge Lucien Van Impe fut accroché par une voiture au pied de l'Alpe d'Huez en 1977.Cette étape va-t-elle peser sur la suite du Tour ?Comme d'autres avant lui (Brajkovic, Wiggins, Horner), un autre candidat au podium, Van den Broeck, a quitté la course suite à une chute. Avec lui, c'est toute son équipe qui a payé un lourd tribut dans la descente du Pas de Peyrol en perdant son leader et un équipier (Willems).Vinokourov, qui rêvait tant de porter le maillot jaune, a laissé, lui, tous ses espoirs sur cette route. La chute, qui s'est produite à une centaine de kilomètres de l'arrivée, a concerné une bonne vingtaine de coureurs et Contador a déclaré avoir eu la chair de poule en voyant les dégâts.Conséquence immédiate, le peloton s'est relevé pour attendre les retardataires et l'écart a grandi aussitôt d'environ quatre minutes au bénéfice de l'échappée (Voeckler, Casar, L. L. Sanchez, Flecha, Hoogerland). Par la suite, Philippe Gilbert a demandé à ses hommes d'assumer la poursuite relayée par ceux du porteur du maillot jaune, le Norvégien Thor Hushovd. Mais le Belge, le plus rapide du premier peloton à l'arrivée (4e sur la ligne, à près de 4 minutes), et le Norvégien n'ont pas insisté dans les 20 derniers kilomètres. Le trio de tête ne pouvait plus être rejoint et Voeckler, le mieux placé des trois, était assuré de récupérer le maillot jaune.Pourquoi autant de chutes ?Quatorze coureurs ont déjà abandonné le Tour à cause d'une chute. La météo, à savoir le vent et la pluie qui ont accompagné pour une bonne part la première semaine de course, et le matériel utilisé (rigidité des jantes), même si les responsables d'équipes préfèrent esquiver ce sujet pour ne pas mettre en cause leurs fournisseurs, sont autant d'explications.S'ajoute la tension perceptible au sein des équipes en raison des enjeux du Tour, de loin la course la plus importante de la saison. Tous les classements comptent et Hoogerland comme Voeckler en apportent la preuve. Le Néerlandais, couvert de pansements, est monté sur le podium protocolaire pour recevoir le maillot à pois du meilleur grimpeur... et les excuses de la direction du Tour. Le Français a rayonné de retrouver un maillot jaune qu'il pensait ne plus porter durant sa carrière, sept ans après l'avoir gardé dix jours durant.Voeckler, chef de file exemplaire du cyclisme français, a touché les dividendes de son tempérament d'attaquant et de sa lucidité en course. "Je me suis décidé à sacrifier l'étape pour le (classement) général", a expliqué celui qui a sauvé in-extremis, en octobre dernier, l'équipe de Jean-René Bernaudeau, menacée de disparition.Même s'il s'attend à devoir lâcher son beau maillot avant dix jours, Voeckler savoure. Avec son avance sur Luis Leon Sanchez (1 min 49 sec) et sur Cadel Evans, l'Australien premier des favoris (2 min 28 sec), il peut voir au moins jusqu'à l'horizon des Pyrénées, jeudi prochain.

 

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