Tentative d'immolation à Marseille: le lycéen était racketté depuis plusieurs mois

0 21.11.2011 10:33

Un lycéen de 17 ans se trouvait toujours dans un état critique mercredi à Marseille, après avoir tenté de s'immoler par le feu la veille dans un établissement scolaire, où une cellule de soutien accueillait, mercredi, élèves et enseignants en état de choc.L'adolescent, admis au service des grands brûlés de l'hôpital de La Conception, était toujours dans un état critique en début de soirée, selon l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille."Son état de santé reste préoccupant et le pronostic vital est engagé", a précisé, dans un communiqué, Norbert Joyeux, proviseur de Saint-Joseph-Les-Maristes, un collège-lycée privé de 920 élèves, installé dans un quartier du centre-ville."L'enquête se poursuit auprès des proches pour connaître les raisons de cet acte. Nous n'avons plus de raison ensuite d'investiguer si l'on écarte toute implication d'une tierce personne", a déclaré à l'AFP le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest. "On cherche toujours une explication unique, je ne pense pas que ce soit le cas: à la fois l'école, peut-être un problème amoureux, peut-être un problème avec les parents, l'avenir professionnel, des interrogations de jeunes", a-t-il souligné.Selon une source proche de l'enquête, les premières investigations ont montré que l'adolescent était à la dérive depuis plus d'un an avec des résultats scolaires en chute libre, le divorce de ses parents et le départ de sa petite amie. Surtout, il était racketté depuis plusieurs mois avec des vols à répétition, son scooter lui ayant notamment été dérobé.Maxence, lycéen de 1ère ES, s'est aspergé mardi après-midi d'un liquide - "vraisemblablement de l'essence", selon le parquet - dans les toilettes de son établissement, où il étudiait depuis la 4e.Le jeune homme, qui se trouvait au deuxième étage, est ensuite descendu dans la cour, avant de s'effondrer sous le regard de plusieurs camarades, sortis de classe à la suite du déclenchement de l'alarme incendie."Nous sommes dans la douleur", a dit à la presse M. Joyeux. Selon lui, l'élève avait "des difficultés scolaires, avec des résultats irréguliers", mais "pas de problème majeur" connu du personnel, a-t-il expliqué, démentant toute idée de renvoi ou de sanction disciplinaire."Il était en train de changer d'établissement puisque son père habite Aix-en-Provence", a-t-il ajouté. "Si l'on avait senti quelque chose, on aurait réagi"."C'est un enfant poli, gentil, courtois, pas du tout exubérant", a raconté Jeanine Schoettel, assistante chargée du suivi des classes de première et terminale, qui l'a vu s'effondrer dans la cour."J'ai appris, parce qu'il est venu me demander un certificat de radiation, qu'il devait quitter l'établissement hier (mardi) soir. Et donc il est allé dire au revoir à tout le monde", a-t-elle ajouté. "Je pense qu'il ne voulait pas partir"."Les professeurs sont en état de choc, les élèves sont très perturbés", a-t-elle encore dit. "On est très mal, on a l'impression d'être passé à côté de quelque chose, peut-être qu'il y avait des signes..." Une cellule de soutien psychologique a été mise en place pour accueillir les élèves et enseignants dans l'établissement qui restait ouvert mercredi.Beaucoup d'élèves ont été vus, selon Mme Schoettel, individuellement ou par petits groupes.Sur place, "l'ambiance était très tendue", témoignait Cécilia, une lycéenne qui a dans sa classe des amis de water-polo du jeune homme: "Beaucoup de profs ne sont pas bien, on voit tout le monde malheureux".La cellule devait être maintenue jeudi, et éventuellement les jours suivants.

 

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