Tarterêts: le père et la police en désaccord sur la nature du projectile

0 21.11.2011 09:53

La police et la famille de la fillette gravement blessée dimanche lors de violences provoquées par des fauteurs de troubles dans la cité des Tarterêts de Corbeil-Essonnes restaient en désaccord mardi sur l'auteur du tir de projectile qui a touché l'enfant.L'enfant de neuf ans reste plongée dans un coma artificiel à l'hôpital Necker à Paris.Après de nouveaux incidents lundi, durant lesquels cinq policiers ont été légèrement blessés, les forces de l'ordre ont fouillé mardi soir les halls d'immeubles et cages d'escaliers, et effectué des contrôles d'identité dans le quartier sans procéder à aucune interpellation. Le calme semblait régner à 21H00.L'audition par les enquêteurs de la mère de la fillette, près d'elle au moment où elle a été touchée à la tempe droite, a été reportée en raison d'un "malaise", a indiqué Me Joseph Cohen-Sabban, l'avocat de la famille, qui a réaffirmé la volonté de ses clients de porter plainte.Car à ses yeux, il n'y a "pas l'ombre d'une hésitation possible: elle a été touchée par un tir policier". "Je ne sais pas ce qui s'est passé exactement, ni comment cela s'est passé, mais visiblement, il y a eu une défaillance au niveau du commandement" qui n'a pas suspendu les tirs, a-t-il ajouté.S'il "préfère attendre les résultats de l'enquête", le père, absent au moment des faits, a répété sa conviction que le projectile avait bien été tiré par un pistolet lanceur de balles de défense d'un policier.Le certificat médical délivré dimanche soir par les médecins mentionne une "plaie non saignante circulaire de 5 cm de diamètre", a indiqué une source policière."Qu'on m'explique comment une balle de défense qui mesure 3 cm de diamètre peut faire un hématome de 5 cm, même en tenant compte de l'écrasement de la balle", a réagi le directeur de la sécurité publique de l'Essonne, Jean-Claude Borel-Garin."Le certificat parle d'une plaie circulaire, mais ce n'est pas dit qu'il s'agit d'un cercle parfait qui, dans ce cas, pourrait éventuellement correspondre à une balle de défense", a-t-il ajouté.Le parquet d'Evry a co-saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), "la police des polices", et la Sûreté départementale de l'Essonne.Les faits sont survenus dimanche soir quand policiers et pompiers, venus pour les incendies de deux véhicules, ont été pris pour cible par "une trentaine de jeunes capuchés" qui leur ont lancé bouteilles et pierres, selon une source policière.Les policiers ont répliqué par des tirs de balles de caoutchouc et de grenades lacrymogènes et ont, selon le télégramme d'intervention des forces de l'ordre que s'est procuré l'AFP, crié "aux adultes de rentrer leurs enfants pour leur sécurité"."On courait pour traverser la route lorsque ma fille s'est écroulée à côté de moi", avait raconté lundi la mère de la fillette.Les Tarterêts sont le théâtre récurrent d'incidents. Fin mai, un CRS avait été légèrement blessé au visage et en août dernier, des policiers avaient été victimes de coups de marteau puis de jets de pavés.Une polémique entre élus locaux a éclaté mardi, le maire UMP de Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter, annonçant vouloir déposer plainte pour diffamation contre le député-maire PS d'Evry, Manuel Valls. Ce dernier, évoquant les violences aux Tarterêts, avait évoqué "une forme de complicité" entre la mairie de Corbeil et "des individus connus des services de police".

 

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