Tarnac: longue reconstitution d'un sabotage, les avocats crient au simulacre

0 21.11.2011 09:55

L'enquête sur le groupe de Tarnac a marqué une étape supplémentaire vendredi avec une première et longue reconstitution des dégradations commises sur une ligne TGV à Dhuisy (Seine-et-Marne) dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, qualifiée de "simulacre" par les avocats des mis en examen."Ce n'était pas une reconstitution, nous avions demandé une reconstitution qui n'a pas eu lieu", a déclaré Me Thierry Levy, l'un des avocats des mis en examen. "C'était un simulacre de reconstitution", a-t-il ajouté à l'issue de cette séance.La reconstitution a duré cinq heures pendant lesquelles devaient être retracés les déplacements supposés de Julien Coupat et sa compagne Yildune Levy, soupçonnés d'avoir participé aux dégradations de novembre 2008, ainsi que leur filature par les policiers de la Sous-direction de la lutte antiterroriste (SDAT).Me Levy a assuré qu'une nouvelle reconstitution serait demandée et qu'en cas de refus, les avocats seraient "amenés à récuser les magistrats". Selon lui, plusieurs actes qui ont été demandés au cours de la nuit -- notamment la vérification de la capacité des enquêteurs à identifier Julien Coupat au pied des voies -- leur ont été refusés.Les avocats du groupe de Tarnac ont entrepris à plusieurs reprises ces derniers mois de démonter l'enquête. Fin octobre, la cour d'appel de Paris avait rejeté l'ensemble de leurs demandes d'annulation des investigations, estimant qu'elles n'étaient pas entachées d'irrégularité.Dix personnes ont été mises en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste dans le cadre de cette affaire de sabotages de lignes SNCF en 2008.Vendredi, les alentours de la voie ferrée à Dhuisy avaient été interdits d'accès par les forces de l'ordre, présentes en nombre. Julien Coupat, désigné comme le chef du groupe de Tarnac, et Yildune Levy sont restés à l'abri des regards des médias.Les conseils des deux jeunes gens contestent le compte-rendu de leur surveillance par la police la nuit du 7 au 8 novembre 2008.Ils mettent en doute la vraisemblance de ce procès-verbal de filature, coté D104 et considéré comme une pièce centrale du dossier sans lequel, selon eux, s'effondre toute l'accusation.Selon Me Jérémy Assous, avocat de la défense, un transport de justice sur les lieux s'est déroulé le 4 janvier en présence des enquêteurs de la SDAT ayant rédigé le PV, sans les avocats ni les mis en examen. Les deux rédacteurs de ce PV n'étaient en revanche pas là ce vendredi, a-t-il précisé.Selon les enquêteurs, Julien Coupat et Yildune Levy se trouvaient en voiture sur la commune de Dhuisy la nuit des dégradations et se sont arrêtés à proximité de la ligne TGV-Est pendant une vingtaine de minutes vers 4 heures du matin.Au passage du premier train à 5 heures du matin, une gerbe d'étincelles était observée et plus tard dans la journée était établi qu'un sabotage avait été organisé sur la ligne à partir d'un crochet constitué de morceaux de fers à béton.Selon les avocats, les policiers chargés de la surveillance ne pouvaient être à Dhuisy à l'heure indiquée sur le PV, car cela impliquerait qu'ils aient voyagé à plus de 160km/h pendant une dizaine de minutes pour parcourir le trajet depuis Trilport.La défense conteste également la présence de la Mercedes de Julien Coupat à proximité de la voie ferrée, relevant des contradictions sur sa position selon les différentes pièces du dossier.Elle estime en outre qu'aucune preuve n'a été apportée de la présence de Julien Coupat et de sa compagne dans la voiture à ce moment là, leur signalement précis n'étant pas noté, selon les avocats, dans le PV de filature.

 

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