Succession César: Woerth se défend de toute illégalité, s'en prend à Libération

0 21.11.2011 13:34

Eric Woerth s'est défendu mercredi de toute illégalité dans la succession fiscalement compliquée du sculpteur César et s'en est pris avec virulence au journal Libération qui lui reproche d'être intervenu dans cette affaire."Tout a été fait dans le respect du droit fiscal" et selon les recommandations de l'administration fiscale, a assuré le cabinet du ministre du Travail dans un premier communiqué.Libération reproche à Eric Woerth, dans ses anciennes fonctions de ministre du Budget et de trésorier de l'UMP, d'avoir donné un "coup de pouce" à la famille César, qui s'est soldé par un dégrèvement fiscal de 27 millions d'euros.Le journal relève que l'exécuteur testamentaire du sculpteur, décédé en décembre 1998, est Alain-Dominique Perrin, président de la fondation Cartier pour l'art contemporain et, souligne Libération, "grand donateur de l'UMP", ce dont ce dernier ne s'est jamais caché.De plus, rappelle le journal, depuis le début de l'affaire Liliane Bettencourt, également importante donatrice de l'UMP, Eric Woerth, aujourd'hui ministre du Travail, s'est régulièrement défendu de toute intervention en faveur d'un quelconque contribuable alors qu'il était ministre du Budget.Mais pour Libération, le ministre est bien intervenu dans la succession de César.Dans un premier temps le cabinet du ministre - officiellement en vacances - a assuré qu'"Eric Woerth, lorsqu'il était ministre du Budget, a strictement suivi la proposition de l'administration fiscale qui elle-même tirait les conséquences d'une décision de justice".Puis, dans un deuxième communiqué, le cabinet a précisé que si Eric Woerth s'était saisi du dossier ce n'était que pour "entériner l'analyse de ses services" de l'époque et signer "un projet de courrier". Rien d'autre.Selon les explications fournies aujourd'hui par l'entourage d'Eric Woerth, après le décès de César, l'administration fiscale a effectivement procédé à un redressement sur la base d'un inventaire qui s'est révélé erroné de l'ensemble des oeuvres de l'artiste dont 300 restaient introuvables.Après une longue enquête et une procédure pénale entre les héritiers qui s'est soldée par un non-lieu fin 2006, seules 38 oeuvres sont aujourd'hui considérées comme réellement manquantes. L'administration fiscale a alors réduit le montant du redressement initial, ce que le ministre a accepté.Dans cette longue procédure, Alain-Dominique Perrin, en tant qu'exécuteur testamentaire, "était dans son rôle", a assuré l'ancien ministre socialiste de la Culture, Jack Lang, qui a également apporté son soutien à Eric Woerth dans cette affaire."La décision de Woerth (de se conformer aux conclusions de l'administration fiscale) était légitime", a-t-il déclaré à l'AFP. D'ailleurs, a-t-il ajouté, "ses prédécesseurs de droite comme de gauche ont été appelés à prendre des décisions semblables en toute équité".Un point de vue que ne reprend pas le député PS Bruno Le Roux qui a réclamé une nouvelle fois la désignation d'un juge d'instruction sur l'ensemble des dossiers dans lesquels le nom d'Eric Woerth apparaît.Fort de ces explications, le ministre s'en est pris avec virulence à Libération qu'il accuse de manquer de déontologie, de pratiquer la "tactique de l'amalgame, de l'insinuation et de la déformation des faits".En dépit de cette charge ministérielle, Libération déclare maintenir "intégralement (ses) informations" et relève que "signer une lettre, c'est bien une intervention".Le journal a d'ailleurs décidé de publier sur son site internet l'intégralité de la lettre du ministre pour répondre à Alain-Dominique Perrin qui a parlé d'une lettre "bidouillée". "C'est un travail de faussaire" de la part de Libération, a estimé M. Perrin.Quant au FN, il demande à Eric Woerth de "s'expliquer immédiatement et publiquement" sur cette succession.

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