Stéphanie et Elise se sont dit "oui" à Nancy, une première en forme de pied de nez

0 21.11.2011 09:55

Deux lesbiennes se sont mariées samedi à Nancy dans la stricte application de la loi républicaine puisque Stéphanie, transgenre, est toujours considérée comme un homme, un "pied de nez militant" alors que le mariage entre personnes de même sexe reste interdit en France."Il s'agit du premier mariage en France sur ce modèle-là", a dit à l'AFP Laurent Hénart, adjoint (Rad) au maire de Nancy.Le député Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Noël Mamère a "applaudi" le mariage. "Je dis à Laurent Hénard: bienvenu au club!", a déclaré à l'AFP l'élu écologiste qui avait défrayé la chronique en célébrant à Bègles (Gironde) le 5 juin 2004 pour la première fois le mariage de deux homosexuels. Très polémique, le premier mariage en France de deux homosexuels, célébré M. Mamère, avait été annulé en appel puis en cassation.Le procureur de la République à Nancy avait observé, quelques jours avant l'union, que l'"on ne (pouvait) pas empêcher un homme et une femme de se marier"."C'est un symbole pour les millions de gays et lesbiennes qui aimeraient avoir les mêmes droits, pour que la France devienne un vrai pays républicain", ont déclaré Stéphanie Nicot, née Stéphane, 59 ans, et sa compagne Elise, 27 ans.Les mariées ont ensuite rejoint la Marche des fiertés lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) qui a rassemblé 2.000 personnes dans la cité lorraine.La mairie dirigée par André Rossinot (Rad) a par ailleurs déclaré que "la logique de ce mariage avait été celle de l'application républicaine de la loi", en précisant que la cérémonie s'était faite de manière "très humaine, très humaniste".Les deux femmes, en couple depuis quatre ans, ont exprimé leur "émotion", lors de ce mariage "qui se voulait un moment d'amour et de tendresse avec nos proches", ont-elles expliqué devant la presse à l'issue de la cérémonie.Interrogée par l'AFP, la témoin de mariage d'Elise a regretté que l'adjoint au maire qui a uni les deux jeunes femmes ait "appelé Stéphanie Nicot sous son ancien prénom masculin".Mme Nicot dit avoir subi une intervention chirurgicale pour devenir une femme, mais elle refuse de fournir à la justice les documents attestant de l'opération. Elle est ainsi transgenre et non transsexuelle, l'opération chirurgicale n'étant pas prouvée.La présentation de tels documents est indispensable pour obtenir le changement de sexe à l'état-civil, en vertu d'une jurisprudence établie par la Cour de cassation en 1992. "C'est une situation un peu folle", a-t-elle ajouté, en observant que "le problème auquel (elle est) confrontée n'est pas résolu". Début avril, la cour d'appel de Nancy a confirmé son refus du changement d'identité de Stéphanie Nicot, qui s'est pourvue en cassation."Paradoxalement, en nous discriminant, on nous a fait le plus beau cadeau", a réagi Stéphanie lors d'une conférence de presse.Selon Laurent Hénart, "le vrai scandale, ça n'est pas que deux femmes se marient, c'est de voir que Stéphane est devenue Stéphanie et qu'il n'est toujours pas reconnu comme tel. Ce mariage, c'est le drame des transgenres", a-t-il ajouté.Il y aurait entre 40.000 et 60.000 transgenres et transsexuels en France, selon les associations, en l'absence de statistique officielle.Récemment, André Rossinot et Laurent Hénart, également président d'honneur et numéro deux du Parti radical, ont soutenu les revendications d'un collectif LGBT en Lorraine. Celui-ci appelle notamment à ouvrir le mariage, l'adoption et la procréation médicale assistée à tous les couples, ainsi que le droit au changement d'état-civil sur simple demande.En 2005, un projet de mariage similaire avait conduit le maire de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), Patrick Ollier --actuel ministre chargé des Relations avec le Parlement-- à saisir la justice. Le parquet de Nanterre s'était alors opposé au mariage, le considérant comme "une provocation".

 

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