Souffrant de Parkinson, son traitement l’aurait rendu pervers

0 17.11.2011 16:29

Un traitement peut-il entraîner des comportements déviants ? C’est ce qu’affirment aujourd’hui ce retraité sarthois et sa famille. Albert (1) vit dans la région fléchoise. Agé de 73 ans, ce retraité souffre depuis 18 ans de la maladie de Parkinson. Et suit un traitement à base de médicaments de la classe des « agonistes dopaminergiques ». Leur rôle : diminuer les effets physiques de la maladie. Pendant ces trois dernières années, Albert a pris du Sifrol (qui remplace le Requip, lire par ailleurs) et de l’Azilect, et les doses avaient été augmentées. Auparavant, il avait pris du Requip, du Célance et du Comtan.Avec son épouse, jamais il n’a été mis au courant d’effets secondaires que pouvaient causer ces médicaments. Pourtant, ces dernières années, Albert souffrait d’une « hypersexualité ». Confinée à son couple. Mais en fin d’année dernière, son épouse a découvert un échange de mails avec sa petite-fille mineure. Des courriels à caractère pornographique. Le grand-père se serait même livré à des attouchements sexuels sur la fillette au cours de l’été précédent.« On ne s’improvise pas pédophile à 73 ans »Le choc passé, « on a fait tout de suite ce qu’il fallait faire », assure aujourd’hui l’une de ses filles. « On a demandé son hospitalisation, supprimé ses accès à Internet, surveillé ses communications téléphoniques ». A l’hôpital de Nantes, son traitement a été suspendu. Et un bilan neuropsychiatrique a été prescrit. « On s’est aussi renseigné sur Internet. Et on a découvert des témoignages horribles ». En cause : les effets secondaires de certains de ces médicaments, addiction aux jeux, hypersexualité.Début février, Albert a été informé qu’il avait fait l’objet d’un signalement au Parquet pour ces attouchements sexuels. Loin de baisser les bras, la famille a décidé de prendre les devants. « Il est hors de question qu’il soit traité autrement que comme une victime », estime sa fille, « il a toujours été un père et un grand-père formidable, à aucun moment sa moralité n’a été mise en doute. Comme le dit son médecin généraliste : on ne s’improvise pas pédophile à 73 ans ! »Assignation en justiceAujourd’hui, la famille se serre les coudes. Veut comprendre pourquoi Albert en est arrivé là. D’où l’assignation en justice de deux laboratoires et du neurologue qui a prescrit le traitement (lire par ailleurs). « Si quelqu’un nous avait prévenus des déviances que ces médicaments pouvaient provoquer, il est évident qu’une chose aussi grave ne serait jamais arrivée ». Depuis, Albert ne prend plus qu’un médicament, du Stalevo. Et les symptômes ont disparu. Mais la maladie a quelque peu repris le dessus.(1) prénom d’emprunt.Jean-Christophe COUDERC

 

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