Soudan: participation massive au référendum du Sud, violences à Abyei

0 21.11.2011 13:35

La participation était forte et festive lundi au deuxième jour du référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan en dépit de violences continues dans une région disputée, qui ont jeté une ombre sur un vote devant aboutir à la création d'un nouvel Etat au coeur de l'Afrique.Dimanche, premier jour d'un scrutin s'étalant jusqu'au 15 janvier, le taux de participation a atteint les 20% au Sud-Soudan, a annoncé Paulino Wanawilla Unango, membre de la commission référendaire.D'après lui, les résultats définitifs devraient être annoncés le 2 février s'il n'y a pas de contestation.De longues files d'attente s'étendaient lundi devant les bureaux de vote de Juba, la capitale du Sud-Soudan, tout comme à Rumbek et Wau, deux importantes villes de cette région semi-autonome, selon des journalistes de l'AFP sur place. L'affluence avait été telle dimanche que plusieurs bureaux de vote de Juba avaient dû fermer plus tard que prévu.Cette participation massive laisse présager que le taux de participation de 60%, nécessaire à la validation du résultat, pourrait être aisément atteint.Près de quatre millions de Sud-Soudanais, au Sud-Soudan mais aussi dans le Nord et à l'étranger, sont appelés à voter pour le maintien de l'unité avec le Nord ou la sécession."C'était long, mais je devais voter. C'est tellement important de voter pour la liberté", dit Combi Martin, un étudiant qui a pédalé deux jours sur son vélo pour arriver à un bureau de vote.La partition semble inévitable à l'issue de ce référendum prévu par l'accord de paix conclu en 2005 entre le Nord et le Sud, qui a mis fin à une guerre civile de plus de 20 ans à l'origine de deux millions de morts. La joie des Sud-Soudanais restait palpable mais des combats continus à Abyei, région disputée à la frontière entre le Nord et le Sud du Soudan, ont terni le vote.Au moins 33 personnes ont été tuées dans l'enclave et des dizaines blessées depuis vendredi dans des affrontements armés opposant les tribus sudiste Dinka Ngok et nomade arabe Misseriya, ont indiqué à l'AFP des chefs locaux."Ils nous ont attaqués trois fois jusqu'à présent et nous nous attendons à d'autres attaques aujourd'hui. Au cours de ces trois attaques, les Misseriya ont tué entre 20 et 22 Dinka", a déclaré l'administrateur en chef d'Abyei, le sudiste Deng Arop Kuol.Les Misseriya ont de leur côté accusé les Dinka Ngok d'avoir ouvert le feu en premier: "Treize Misseriya ont été tués depuis vendredi et 38 blessés", a déclaré Hamid al-Ansari, l'un de leurs leaders. La région est habitée principalement par les Dinka Ngok mais traversée chaque année par les Messiriya en quête de pâturage. Si le Sud fait sécession, les Messiriya craignent de ne plus avoir accès à Abyei, l'une de leurs "portes d'entrée" vers le Sud.Un référendum sur le rattachement d'Abyei au Nord ou au Sud devait avoir lieu dimanche mais il a été repoussé sine die en raison d'un différend sur le droit de vote.Un porte-parole militaire sudiste a par ailleurs indiqué à l'AFP que deux rebelles avaient été tués dans l'Etat pétrolier d'Unité, voisin d'Abyei, lors d'accrochages avec l'armée sudiste.La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé à soutenir Khartoum et Juba, précisant qu'il fallait "aider le peuple du Sud-Soudan à subvenir à ses nombreux besoins" et "travailler avec le Nord et y investir pour qu'il voie les bénéfices d'une action très courageuse qui a permis de passer d'une situation de conflit à une situation de compromis". D'après l'ex-président américain Jimmy Carter, qui s'exprimait sur la chaîne CNN, le chef de l'Etat soudanais Omar el-Béchir a affirmé que la totalité de la dette soudanaise, évaluée à 36 milliards de dollars, devrait être assumée par le Nord.

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