Scandale Woerth/Bettencourt: le camp Sarkozy contre-attaque et s'en prend à la presse

0 21.11.2011 09:30

Le camp du président français Nicolas Sarkozy, éclaboussé directement par le scandale politico-fiscal Bettencourt mettant en cause son ministre du Travail, contre-attaquait mercredi en accusant la gauche de faire le jeu de l'extrême-droite et la presse de "méthodes fascistes".Pressé de s'expliquer, Nicolas Sarkozy pourrait s'exprimer le 13 juillet sur ce feuilleton qui, de rebondissement en rebondissement, affaiblit chaque jour un peu plus le gouvernement et est devenu une affaire d'Etat explosive après des allégations mardi sur un possible financement politique illégal."On ne peut pas botter en touche. Il faut que le président de la République dise la vérité", a demandé la patronne du Parti socialiste Martine Aubry alors que le centriste François Bayrou a jugé qu'il y avait "urgence pour le président à s'exprimer" car on a maintenant "une crise morale et politique".Pour une partie de la presse française, comme le quotidien Sud-Ouest, "désormais c'est tout simplement l'avenir du quinquennat (mandat de cinq ans) et le destin de Nicolas Sarkozy" qui se jouent alors que, confronté à une succession de scandales, le chef de l'Etat a déjà sacrifié dimanche deux ministres de second plan, suspects d'utilisation abusive des deniers publics.Mis en cause pour ses liens avec l'une des premières fortunes de France Liliane Bettencourt, le ministre du Travail Eric Woerth est accusé par l'ex-comptable de la milliardaire d'avoir reçu, en tant que trésorier du parti majoritaire UMP, 150.000 euros en liquide en mars 2007 pour financer la campagne de Nicolas Sarkozy.Dans une interview au site Médiapart, celle-ci a assuré lundi que M. Sarkozy avait reçu également des "enveloppes" d'argent par le passé de la part de la famille Bettencourt, héritière du groupe de cosmétiques L'Oréal.La police, qui a entendu l'ex-comptable, cherche maintenant à confirmer ces affirmations alors que la justice pourrait ouvrir une enquête pour financement illégal de parti politique, selon Le Figaro.A défaut de répondre sur le fond de l'affaire, la droite s'en est vivement prise aux députés socialistes et à la presse, accusés de favoriser la montée de l'antiparlementarisme et de l'extrême droite."Excités par l'odeur du sang" pour le ministre de l'immigration Eric Besson, les socialistes "prennent la responsabilité de mettre des pétales de fleurs sur le lit de l'extrême droite", a dénoncé le ministre du Budget François Baroin. Eric Woerth, qui répète "n'avoir rien à se reprocher", a accusé le PS d'orchestrer "une cabale politique".Plusieurs ministres ont aussi tiré à boulets rouges sur le site d'informations Mediapart à l'origine de l'affaire par la publication d'enregistrements pirates qui ont révélé la possibilité de fraude fiscale de Liliane Bettencourt et ses liens avec le pouvoir actuel."Quand certains médias notamment un site qui utilise des méthodes fascistes à partir d'écoutes qui sont totalement illégales (...) mais dans quel monde on est, dans quel monde on est!", s'est exclamé le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand.Médiapart, créé par l'ancien directeur de la rédaction du journal Le Monde Edwy Plenel et pionnier de l'investigation sur le web, "rappelle dans son comportement une certaine presse des années 30", a accusé le ministre de l'Industrie Christian Estrosi.Ce proche de Nicolas Sarkozy faisait référence à une période délétère de l'avant-guerre, où les tendances fascisantes étaient à l'oeuvre et où la presse de droite avait été accusée d'être à l'origine du suicide d'un ministre de gauche.Le syndicat de journalistes SNJ-CGT a dénoncé mercredi une "attaque en règle" contre les journalistes.

 

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