Sarkozy au Salon de l'agriculture, "Je ne laisserai pas insulter les agriculteurs"

0 21.11.2011 10:32

Le président Nicolas Sarkozy s'est efforcé d'être à l'écoute des difficultés du secteur agricole, et notamment de celles des éleveurs, en inaugurant samedi la 48e édition du Salon de l'Agriculture à Paris où il a parfois eu un ton de candidat en campagne.Pendant deux heures, le chef de l'Etat a arpenté les allées de la plus grande ferme de France, s'arrêtant pour déguster les produits du terroir, signer des autographes ou poser pour des photos souvenirs.Il a enchaîné avec une table ronde au cours de laquelle il a qualifié de "particulièrement déplacée" la campagne d'affichage de France Nature Environnement (FNE) comportant des visuels et slogans choc sur les OGM, les pesticides et les algues vertes."Je ne laisserai pas insulter les agriculteurs", a lancé le chef de l'Etat. "On n'oppose pas les Français les uns contre les autres (...) On ne combat pas l'intolérance en étant intolérant".Prenant des accents de candidat en campagne, il s'est posé plusieurs fois en "bâtisseur", "rassembleur", résolument opposé à ceux qui orientent les débats "vers la détestation" de l'autre.Il a cité la mise en place des 35 heures par la gauche, au nom selon lui de "la détestation du travail", et fait allusion aussi au débat sur la laïcité et l'islam qu'il a demandé à l'UMP de lancer dans la perspective de 2012."Je n'accepterai pas que l'on mette en cause nos compatriotes musulmans et en même temps je n'accepterai pas un islam qui ne corresponde pas à aux valeurs de la République et de la laïcité. Et toujours pareil on essaie de monter les uns contre les autres, moi j'essaye de rassembler", a dit le président.Joint par l'AFP, le président de FNE, Bruno Genty, a affirmé que "notre intention n'a jamais été de dénoncer les agriculteurs mais plutôt de mettre l'accent sur les excès de l'agriculture industrielle".Dans le hall principal avec les éleveurs, Nicolas Sarkozy a écouté les doléances de professionnels frappés durement par la crise, notamment les producteurs de viande bovine. "Il faut absolument revoir les prix à la production, sinon on va mourir", lui a lancé l'un d'entre eux.Un autre, Alain Lescure, éleveur dans le Cantal, estimait qu""il ne faut pas penser aux agriculteurs seulement à un an des élections. Sarkozy, il est de la ville, il n'aime pas la campagne", tempêtait-il.L'an dernier, le président Sarkozy avait fait faux bond à l'inauguration du Salon, déclenchant la colère de nombreux agriculteurs. Et en clôturant la manifestation il avait lancé: l'environnement, "ça commence à bien faire", provoquant une levée de boucliers des écologistes."Je crois en l'avenir de l'agriculture française, la France a besoin pour son économie, sa croissance, son développement, son commerce extérieur, d'une agriculture performante et compétitive", a-t-il affirmé samedi.A Patricia Rebillou, productrice de fruits rouges en Dordogne, qui se plaignait que les cantines scolaires ne s'approvisionnent pas assez localement, M. Sarkozy a rétorqué: "Vous ne pouvez pas demander au président de la République de régler les circuits d'alimentation dans les lycées et les collèges"."Au moment des régionales, ils vous ont promis des choses. A vous d'avoir de la mémoire", a-t-il lâché, en faisant allusion aux socialistes, à la tête de presque toutes les régions de France. "Il va y avoir des élections cantonales. A vous de poser des questions aux candidats!""C'est une bonne visite, une visite à la Chirac", s'est exclamé Christian Jacob, le patron -chiraquien- des députés UMP.

 

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