Saint-Paterne : deux régions et une histoire à construire

0 21.11.2011 09:37

Bizarre le canton de Saint-Paterne. Pas de chef-lieu, des communes parmi les plus peuplées ancrées à la communauté urbaine d’Alençon, une zone d’activité partagée entre deux départements, un découpage qui en fait une sorte de haricot qui s’étire d’ouest en est au sud de la préfecture de l’Orne. Bref, les cantons, amenés à disparaître par la réforme territoriale, ont montré ici leur limite.Pourtant, ce territoire qui était montré du doigt à la fin des années 90, en passe d’être ignoré par sa proximité avec Alençon, présente encore malgré tout une certaine cohérence. Le canton de Saint-Paterne n’est pas une énième répétition du face à face, souvent caricatural d’ailleurs, ville-campagne. Il n’a pas non plus de grande entreprise, uniquement des artisans et des PME d’une dizaine de salariés. Ici, 70 % de la population active travaille à Alençon, mais le tissu associatif reste un élément très fort. Sans doute conforté par la présence de deux collèges, une des rares exceptions pour un canton dans le département. A l’ouest, le collège de Moulins-le-Carbonnel, à l’est celui d’Ancinnes. Menacés un temps, ils sont aujourd’hui confortés.Les nouveaux habitants arrivés ces dix dernières années (+9% pour le canton) se sont d’ailleurs installés de manière assez homogène dans les communes. On atteint néanmoins des pics d’augmentation de la population à Gesnes-le-Gandelin (+30%), Champfleur (+23%) ou encore Grandchamp (+15%).Deux collègespour un cantonSans pôle économique fort, le canton offre aujourd’hui un équilibre sur l’ensemble de son territoire. Il présente des services assez bien répartis dans les communes : écoles, commerces, transports Une force pour un certain cadre de vie, une faiblesse si l’on regarde d’un seul point de vue économique. Avec deux échangeurs autoroutiers, une zone d’activités à Rouessé-Fontaine qui peine à exister, le canton de Saint-Paterne souffre pour attirer des entreprises. « On a été prudents » osent quelques élus locaux pour évoquer ces six hectares qui restent encore à commercialiser au bord de l’A28 à quelques encablures d’une autre zone d’activités, le parc d’activités interdépartemental Cerisé-Arçonnay qui n’est pas encore totalement occupé. A cheval entre deux circonscriptions, aux confins du Maine et de la Normandie, le canton de Saint-Paterne vit ses dernières années, comme les autres. Les habitants, eux, ont depuis longtemps dépassé ces frontières. Il leur reste à choisir qui les représentera le mieux pour donner un élan économique à leur territoire. Les paris sont ouverts.Analyse. La campagne laissera des blessuresBernard Petiot, le conseiller général sortant, est devenu un habitué des batailles dont l’issue est indécise. On l’annonce en difficulté, mais, à la fin, c’est lui qui gagne. La première fois, c’était en 1998 pour succéder à Jacques Tirouflet. Parti seul, sans l’appui de la majorité départementale, il avait viré en tête au premier tour et reçu du coup le soutien de François Fillon pour le second tour.En 2004, huit candidats s’affrontaient, dont le maire de Saint-Paterne. « Je n’étais pas tranquille » avoue aujourd’hui Bernard Petiot qui, avec 42 % au premier tour, était arrivé en tête dans 16 des 17 communes avant d’être réélu sans difficulté.Cette fois, ils sont au total six à partir pour tenter de ravir la place. A droite et au centre, ils sont trois : Bernard Petiot, avec l’étiquette Majorité départementale, le maire de Saint-Paterne et celui de Bourg-le-Roi, Philippe Martin par ailleurs premier vice-président de la communauté de communes, présidée par Bernard Petiot.On imagine d’ailleurs l’ambiance du prochain conseil communautaire à la lecture d’un tract plutôt violent du maire de Bourg-le-Roi à l’encontre du président de la CDC, désormais adversaire désigné et coupable de tous les maux, aux yeux de Philippe Martin.A gauche et au PS, c’est une femme qui est partie à la bataille avec la farouche volonté de faire basculer ce canton. Après Alençon qui a viré à gauche aux dernières municipales, Blandine Affagard, chef d’entreprise, verrait bien également son canton suivre ce mouvement.Elle veut compter sur une nouvelle population, plus jeune et plus urbaine, profiter d’une bataille de légitimité à droite et au centre, avec quelques coups bas qui sont déjà donnés et aussi et surtout, récupérer « un vote sanction à l’encontre du gouvernement ». « Je n’ai pas peur des candidats. La seule inconnue, c’est l’incidence nationale » confie d’ailleurs Bernard Petiot.Les Verts Europe-écologie qui avaient flirté avec les 10 % en 2004 sont à nouveau présents avec Jean-Pierre Villette. Le Front national, enfin, est représenté par son secrétaire départemental, Jean-François Legras.object width=«470» height=«390»param name=«movie» value=«http://www.youtube.com/v/KDd9RzMSoGQ&hl=en_US&feature=player_embedded&version=3»/paramparam name=«allowFullScreen» value=«true»/paramparam name=«allowScriptAccess» value=«always»/paramembed src=«http://www.youtube.com/v/KDd9RzMSoGQ&hl=en_US&feature=player_embedded&version=3» type=«application/x-shockwave-flash» allowfullscreen=«true» allowScriptAccess=«always» width=«470» height=«390»/embed/object

 

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