Rubygate: le parquet de Milan demande le jugement immédiat de Berlusconi

0 21.11.2011 09:36

Le parquet de Milan (nord) a demandé mercredi le jugement immédiat de Silvio Berlusconi dans le scandale sexuel Rubygate, mais les avocats du chef du gouvernement italien comptent contre-attaquer tous azimuts, y compris en portant l'affaire au Parlement.Le parquet a indiqué dans un communiqué avoir "transmis au juge des enquêtes préliminaires la requête de jugement immédiat sur la base de l'évidence de la preuve" au terme d'une enquête ouverte le 21 décembre.Les magistrats demandent un procès contre le Cavaliere pour recours à la prostitution de mineure et abus de fonction.Le chef du gouvernement les a accusés d'agir "uniquement dans un but subversif" en prenant "prétexte" du Rubygate pour le chasser de son poste. "C'est une farce, il s'agit d'accusations qui n'ont absolument aucun fondement", a-t-il ajouté devant la presse à Rome.Si leur demande devait aboutir, cette procédure accélérée pourrait commencer avant l'été et le Rubygate viendrait s'ajouter à trois procédures pénales contre M. Berlusconi (affaires Mills, Mediaset et Mediatrade) qui vont reprendre entre fin février et début mars. Le Rubygate fait la une des médias depuis des semaines avec la publication de dizaines de transcriptions de conversations téléphoniques entre une brochette de jeunes femmes et les organisateurs de soirées débridées dans les résidences de M. Berlusconi.L'enquête porte sur le recours par le Cavaliere aux services sexuels de Ruby, la jeune Marocaine Karima El Mahroug, quand elle était mineure entre février et mai 2010 et sur son intervention auprès de la police pour la faire libérer après son interpellation la nuit du 27 au 28 mai pour un vol présumé.La juge des enquêtes préliminaires, Cristina Di Censo, qui doit statuer sur la requête du parquet, dispose d'un délai de cinq jours.Ce n'est pas un délai figé et elle peut aussi "décider en 10 ou 15 jours", a souligné le procureur en chef de Milan, Edmondo Bruti Liberati, tout en disant s'attendre à une décision "assez rapide". A défaut d'un procès immédiat, la juge peut renvoyer les actes au parquet, prélude à un procès par la voie ordinaire, plus longue.Aussi bien M. Berlusconi que Ruby ont nié avoir eu des rapports sexuels, la jeune fille admettant seulement avoir participé à des dîners "tout à fait normaux".La magistrate devra aussi décider si le tribunal de Milan est compétent pour juger. Les procureurs lui ont envoyé un "mémoire" dans lequel ils contestent que M. Berlusconi ait pu commettre ces délits en tant que Premier ministre."Il s'agit d'un abus de qualité (fonction, NDLR)" car "le président du Conseil n'a pas de compétence directe sur la police", a souligné le procureur Bruti Liberati. Les avocats du Cavaliere défendent la thèse selon laquelle M. Berlusconi aurait appelé en arguant de son rôle de président du Conseil pour faire relâcher Ruby, convaincu qu'elle était "la nièce du (président égyptien Hosni) Moubarak", et donc pour préserver de bonnes relations avec l'Egypte.L'opposition de gauche s'est gaussée de ces arguments, qui traduisent pour elle l'"incompétence" du Cavaliere, censé vérifier l'identité de Ruby.Pour Niccolo Ghedini, le Rubygate est du ressort du "tribunal des ministres", un collège de magistrats de Milan qui devrait être mis en place à Milan pour juger le Premier ministre pour une infraction commise dans ses fonctions.La saga est loin d'être terminée: si la juge Di Censo décidait un procès immédiat, Me Ghedini, également député du parti PDL (centre-droit) de M. Berlusconi, compte contester la compétence du tribunal de Milan lors d'un vote à la Chambre des députés, où la coalition au pouvoir est majoritaire.

 

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