Rubygate: coup dur pour Berlusconi qui résiste faute d'alternative

0 21.11.2011 10:01

Le renvoi en justice de Silvio Berlusconi pour prostitution de mineure représente un coup dur pour le chef du gouvernement qui peut cependant résister grâce à l'absence d'alernative dans l'opposition et au soutien de son allié, la Ligue du Nord, ont estimé mardi des experts."C'est un chef de gouvernement diminué, une présidence de gouvernement boîteuse, et la seule chose qui le sauve est la faiblesse de l'alternative. Il n'y a pas d'alternative politique crédible à l'horizon ni de leadership capable de réunir l'opposition", a déclaré à l'AFP Giacomo Marramao, professeur de philosophie politique à l'Université de Rome III.Une juge de Milan (nord), Cristina Di Censo, a décidé mardi de renvoyer le Cavaliere en "jugement immédiat", une procédure accélérée prévue par le code pénal italien qui se base sur l'"évidence de la preuve". Le procès, dans lequel Silvio Berlusconi est accusé d'avoir payé une prostituée mineure, Ruby, et d'avoir abusé de sa fonction en sa faveur, devrait débuter le 6 avril."C'est un développement important qui n'affaiblit pas seulement M. Berlusconi mais surtout la volonté de ses alliés de le suivre", a estimé Franco Pavoncello, professeur de sciences politiques à l'Université américaine de Rome John Cabot."La politique italienne est très simple: tout reste en place tant que la Ligue du Nord voit devant elle la carotte du fédéralisme", a ajouté M. Pavoncello, en allusion au fait que l'allié dont dépend la survie politique du gouvernement n'abandonnera pas le Cavaliere tant qu'il pensera pouvoir obtenir la réforme de fédéralisme fiscal souhaitée."S'il y a des juges qui pensent affaiblir le gouvernement avec leur acharnement contre Berlusconi, alors ils se trompent complètement", a d'ailleurs lancé le chef des sénateurs de la Ligue, Federico Bricolo."C'est une situation qui est embarrassante sur le plan international. Il n'en avait vraiment pas besoin, il est en grave difficulté", a expliqué M. Pavoncello estimant que "si ce n'est pas l'acte final du gouvernement, c'est l'avant-dernier".Selon un sondage de l'institut Demos publié lundi, la cote de popularité de Silvio Berlusconi a chuté en février à 30,4%, son plus bas niveau depuis 2005, et il est tombé à la dernière place d'une liste de dix personnalités politiques italiennes.C'est en octobre 2010 que de premières fuites dans les journaux ont évoqué le scandale du Rubygate, centré sur la jeune Marocaine, Ruby, de son vrai nom Karima El Mahroug, mineure jusqu'en novembre. Cette dernière n'a pas voulu réagir mardi à la décision de la justice, demandant à être "laissée tranquille".Après l'annonce du procès, l'opposition est montée au créneau pour demander la démission du Cavaliere et des législatives anticipées."La situation est intenable. Nous ne nous occupons pas de délits car c'est le travail de la magistrature, ni de péchés, c'est celui de l'Eglise. Nous nous occupons de l'Italie et nous ne voulons pas d'un pays à la dérive", a expliqué Pier Luigi Bersani, chef du Parti démocrate (PD, gauche).M. Berlusconi qui n'a pas immédiatement réagi, dénonce régulièrement "un complot" de magistrats "politisés", voulant le chasser de son poste, et a exclu de démissionner.Pour le professeur de sciences politiques Marcho Tarchi de l'université de Florence, "la demande de procès immédiat n'était pas forcément dans l'intérêt de l'accusation et pourrait être contre-productive pour le parquet"."Silvio Berlusconi a maintenant encore plus de possibilités de se présenter comme une victime de persécutions judiciaires", a déclaré l'expert à l'AFP.

 

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