Roms: Paris s'adresse à Bucarest, le Parlement européen demande la suspension des expulsions

0 21.11.2011 13:35

La France, très critiquée pour ses renvois de Roms roumains et bulgares, a demandé jeudi à Bucarest d'intégrer davantage cette minorité.Dans le même temps, le Parlement européen a adopté jeudi une résolution demandant à la France et aux autres Etats de l'UE de "suspendre immédiatement" les expulsions de Roms, qui ont suscité une vive controverse ces dernières semaines.Le ministre français de l'Immigration Eric Besson et le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche sont arrivés jeudi dans la capitale roumaine où ils devaient rencontrer notamment les ministres des Affaires étrangères roumain Teodor Baconschi, de l'Intérieur Vasile Blaga et le Premier ministre Emil Boc."La France va demander des engagements sur la coopération policière et judiciaire, la lutte contre le trafic d'êtres humains, l'intégration des Roms en Roumanie avec la mise en place d'un plan national d'urgence 2010-2013", a déclaré M. Lellouche à des journalistes.Paris veut un "engagement de la Roumanie à insérer les Roms sur son territoire", y compris ceux renvoyés de France, a-t-il ajouté.La Roumanie compte la plus importante communauté rom d'Europe forte de 530.000 à 2,5 millions de membres. Nombre d'entre eux souffrent de pauvreté et de difficultés à accéder au marché du travail même si des progrès ont été enregistrés dans l'accès à l'éducation.Dans un éditorial publié jeudi dans le quotidien roumain Evenimentul Zilei, le chef de la diplomatie roumaine demande une stratégie européenne, seule à même selon lui de répondre durablement "aux problèmes et aux attentes" des 10 à 12 millions de Roms en Europe.Il se dit "prêt à collaborer avec la France" sur des projets concrets tout en rappelant que la "Roumanie continue malgré la crise de soutenir une stratégie nationale pour les Roms"."Nous partageons certains points soulevés par la France sur la nécessité pour le gouvernement roumain de faire davantage mais en même temps, ces déclarations perdent de leur crédibilité quand on voit la politique d'expulsions et de démantèlement des camps", a déclaré à l'AFP David Mark, directeur de l'ONG roumaine Alliance civique pour les Roms juste avant la visite des ministres français.Invoquant une hausse de la délinquance, le président français Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont procédé depuis fin juillet au démantèlement de dizaines de camps et renvoyés des centaines de Roms principalement vers la Roumanie.Mercredi, le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, a affirmé que la rhétorique politique actuelle contre les Roms était similaire à des termes utilisés par les nazis et les fascistes. "Je suis surpris et choqué par ses propos sur Twitter qui utilisent des termes extrêmement graves - nazis, fascistes - qu'il semble lier à la République française", a déclaré M. Lellouche en annonçant que la France allait "demander des explications".Paris soutient que tous les démantèlements de camps et les reconduites se déroulent dans le cadre des lois de la République et des règles européennes.La Commission s'est dite mardi satisfaite des garanties apportées par la France. Jeudi, quatre des principaux groupes du Parlement européen (socialiste, libéral, vert et communiste) présentent une résolution pour demander à la France et à d'autres Etats de l'UE de "suspendre immédiatement" les expulsions de Roms.Le principal groupe politique du Parlement européen, le PPE (conservateurs), présentera également une résolution sur la situation des Roms en Europe mais sans critiquer Paris.

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