Retraites: une épreuve de force entre gouvernement et syndicats se profile

0 17.11.2011 21:35

La perspective d'une épreuve de force sur la réforme des retraites s'est profilée vendredi au lendemain de manifestations imposantes, le gouvernement opposant un "non ferme et tranquille" à la rue tandis que les syndicats donnaient un coup d'accélérateur aux mobilisations. Pour la première fois, l'intersyndicale réunie au siège de la CGT a annoncé le même jour deux journées d'action successives: des manifestations le samedi 2 octobre dans toute la France puis, si le gouvernement ne recule pas, une journée de grèves et de manifestations le 12 octobre. Syndicats d'étudiants et de lycéens s'y joindront."L'unité d'action" prévaudra pour ces deux rendez-vous, selon FO. Mais la confédération de Jean-Claude Mailly n'a pas signé l'appel commun, conformément à son habitude. Solidaires (syndicats SUD et autres) non plus, jugeant la date du 12 octobre trop éloignée.L'intersyndicale accélère en tout cas la cadence, sûre du "franc succès" de la mobilisation de jeudi qui, quinze jours seulement après la grosse journée du 7 septembre, a vu défiler autour de 3 millions de personnes selon elle, moins d'un million selon le ministère de l'Intérieur.En programmant des cortèges un samedi, afin d'"élargir" la protestation populaire, elle renoue avec une formule qui avait assuré la défaite du CPE en 2006.L'intersyndicale invite en outre les syndicats de base à "poursuivre, à tous les niveaux, la mobilisation unitaire par des initiatives dans les territoires et les entreprises"."Le gouvernement choisit l'affrontement. Eh bien, on l'assume!", a déclaré une dirigeante de la CGT, Nadine Prigent.L'exécutif, en effet, reste inflexible. "Nous ne retirerons pas ce projet de réforme parce qu'il est nécessaire et raisonnable", a déclaré le Premier ministre, François Fillon, devant les parlementaires UMP réunis à Biarritz.Son ministre du Travail, Eric Woerth, a affirmé au même endroit que la réforme des retraites serait "votée et appliquée". Il a réaffirmé que les manifestations étaient "en baisse".Le chef de file des sénateurs UMP, Gérard Longuet, a parlé d'"améliorer" la réforme, sans toutefois rompre "l'équilibre" du projet de loi.Au "non ferme et tranquille" de M. Fillon, le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, a opposé un "non ferme et résolu" à la réforme, prédisant que la "négation" par le gouvernement de l'importance des manifestations allait "lui revenir comme un boomerang".L'intersyndicale brandit la menace d'un conflit très dur, se dédouanant par avance. "Le gouvernement porterait l'entière responsabilité des suites que les salariés et leurs organisations entendront donner au 12 octobre", déclare le communiqué intersyndical.Une façon de dire, entre autres, que des grèves reconductibles - auxquelles seule Solidaires promet aujourd'hui son soutien - pourraient surgir ici ou là.Même les organisations modérées durcissent le ton.Pour la première fois, la CFDT a souhaité que le gouvernement "arrête l'examen du texte" lorsqu'il viendra au Sénat à partir du 5 octobre et qu'il "ouvre un véritable débat" sur la réforme."Le mépris du gouvernement est insupportable, de nombreux militants nous ont fait part de leur dégoût", a observé son représentant Laurent Berger.La CFE-CGC, comme d'autres, a dénoncé "la manipulation des chiffres" et "la provocation du gouvernement". L'Unsa a dit ne pas comprendre pourquoi le gouvernement "cherche un affrontement aussi dur". La FSU a parlé de "l'insolence" gouvernementale.

 

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