Retraites: plus forte mobilisation de 2010, près de 2 millions de manifestants selon les syndicats

0 21.11.2011 09:41

Les syndicats étaient convaincus jeudi de réussir leur démonstration de force contre le projet de réforme des retraites, en mobilisant, selon eux, "autour de deux millions" de manifestants en France, plus fort mouvement depuis début 2010 mais cependant inférieur au pic de 2009."On sera autour des deux millions", a assuré le leader de la CGT, Bernard Thibault, dans la manifestation parisienne.Pour François Chérèque (CFDT), "le sentiment d'injustice face à cette réforme brutale monte", une semaine après la présentation du projet gouvernemental, construit autour du report de l'âge légal à 62 ans.Du nord au sud, la participation à la quasi-totalité des défilés dépassait celle de la dernière journée intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-FSU-Unsa-Solidaires, le 27 mai (un million selon les syndicats, 395.000 selon la police). Cependant, la mobilisation restait en deçà du pic des manifestations de 2009 contre la crise (entre 1,2 et 3 millions).C'était le cas à Marseille, avec 14.500 (police) à 120.000 manifestants (syndicats), à Bordeaux (25.000 à 70.000) ou à Lyon (11.000 à 25.000). A Rennes, le cortège a été six plus gros que le 27 mai, selon la police.Dans des villes moyennes, les manifestants étaient souvent deux fois plus nombreux que le 27 mai, comme au Mans, à Boulogne-sur-Mer, Limoges ou Angoulême. A Pamiers, le cortège était le plus gros depuis 1995. "Sarko, le déambulateur est-il fourni avec la réforme ?" ou "Retraite: Premier ministre six mois, parlementaires six ans, ouvrier 42 ans, cherchez l'erreur !!! 1789 arrive !!!", pouvait-on lire sur leurs pancartes.Des militants de FO étaient aussi présents.Les salariés du privé, où les appels à la grève étaient nombreux, gonflaient les rangs. A Nice, Olivier Pallano, employé dans le BTP, réclamait un départ anticipé pour les ouvriers du secteur dont "très peu arrivent à la fin de leur carrière"."Faisons aWoerther la réforme des retraites", invitait une pancarte à Marseille, jouant comme d'autres sur le nom du ministre du Travail, Eric Woerth, fragilisé par l'affaire Bettencourt.Clin d'oeil au Mondial de football, des vuvuzelas résonnaient dans plusieurs cortèges.Le rendez-vous jeudi à l'Elysée de Thierry Henry a aussi alimenté slogans et critiques, les syndicats épinglant un président qui "passe son temps à écouter les états d'âmes d'un footballeur qui gagne 15 millions par an" au lieu d'écouter la rue.Les taux de grévistes dans le public et le privé reflétaient aussi une mobilisation massive.Dans le primaire, avec 31,9% d'enseignants grévistes selon le ministère, c'est le mouvement le plus fort de l'année scolaire.Dans la Fonction publique, les taux étaient aussi en hausse par rapport au 27 mai, mais inférieurs à ceux de 2003 contre la précédente réforme des retraites, a souligné le gouvernement.A la SNCF, la direction a compté 39,8% de grévistes, pic dans une journée interprofessionnelle depuis 2003.Pour la FSU, "on entre dans une nouvelle période de rapport de force" et pour Solidaires, "si vraiment le gouvernement ne comprend pas, à la rentrée on sera dans la rue". Les syndicats feront le bilan le 29 juin.A gauche, le PS a appelé au retrait de la réforme "maintenant".Le gouvernement avait affirmé ne pas "redouter" la journée. Le Premier ministre, François Fillon, jusque-là en retrait, fera vendredi un "point d'étape" sur une réforme phare du quinquennat.

 

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