Retraites: les lycéens se joignent à la mobilisation

0 21.11.2011 09:31

Les lycéens, qui ont bloqué de nombreux établissements mardi, ont rejoint de manière spectaculaire la contestation contre la réforme des retraites pour la première fois depuis le début des journées d'action.A la mi-journée, le ministère avait recensé 357 lycées (sur 4.302 en France) dont le fonctionnement avait été gêné. "Au plus fort des mouvements", 90 établissements ont été bloqués, des blocages levés "pour la plupart" à la mi-journée selon le ministère.La première organisation lycéenne, l'UNL, qui a dénombré 400 lycées perturbés en France, annonçait "une très, très grosse journée chez les lycéens".La Fidl (deuxième organisation) prévoyait également la présence de "beaucoup de lycéens" dans les cortèges. "Sarko, t'es foutu, la jeunesse est dans la rue", ont scandé à Toulouse des centaines de jeunes qui ont pris part à la manifestation.L'entrée des lycées dans le mouvement suscite l'inquiétude gouvernementale. Mardi, devant les députés UMP, François Fillon a jugé "irresponsable" la "tentation de l'extrême gauche et d'une partie du PS" mette "des jeunes de 15 ans dans la rue"."Discours assez classique de la droite", pour qui "dès que la jeunesse se mobilise, elle est manipulée ou irresponsable", selon le porte-parole du PS Benoît Hamon.Le Snupden-FSU, syndicat minoritaire des chefs d'établissement, a appelé les élèves à "respecter les biens et les personnes" et demandé que "les leaders ne soient pas sanctionnés comme par le passé"."Il faut se mobiliser à n'importe quel âge afin que l'on ne parte pas de plus en plus tard à la retraite. Beaucoup de gens sont licenciés à 50 ans et ensuite impossible de retrouver du travail", commentait Nelson L., 15 ans, en seconde au lycée Jacques-Decour (IXe arrondissement de Paris).De nombreux lycéens ont trouvé portes closes mardi, tel Thomas B., 15 ans, élève de seconde à Gabriel-Fauré (XIIIe). Des lycéens "ont pris des barrières de travaux et ils ont bloqué le lycée", a-t-il raconté, ajoutant que "la plupart des élèves (étaient) rentrés chez eux".A Condorcet (IXe), les protestataires ont installé des plots de construction, laissant entrer les élèves qui voulaient aller en cours.A Joliot-Curie, à Nanterre, lycée toujours en pointe dans les mouvements sociaux, des manifestants ont symboliquement apposé des chaînes sur la porte d'entrée et annonçaient leur présence dans le cortège parisien.Le mouvement touche aussi la province, comme en attestent de nombreux messages sur Twitter qui signalaient dans la matinée des blocages à Remiremont (Vosges), Bourges, Dijon, Clermont-Ferrand ou Nevers.A Caen, où les lycéens s'étaient déjà fortement mobilisés la semaine dernière, les quatre gros lycées de la ville étaient bloqués. "1950-2015. Mort à 65 ans. J'y étais presque", pouvait-on lire à l'entrée de Malherbe. "On accueille dans la mesure du possible les élèves", a commenté le rectorat.A Bordeaux, plusieurs centaines de manifestants se sont réunis devant la mairie, à Nancy des lycéens allaient d'établissement en établissement pour mobiliser leurs camarades.Les étudiants aussi étaient appelés à se mobiliser par leur principal syndicat, l'Unef. A Paris IV par exemple, un petit groupe se préparait pour la manifestation avec une banderole "Des retraites pour les vieux, du boulot pour les jeunes".Selon le ministère, 22% des enseignants étaient en grève mardi, les syndicats de la FSU annonçant 48% dans le primaire et 45% dans le secondaire.

 

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