Rentrée scolaire: jour J pour douze millions d'élèves

0 21.11.2011 10:32

Les douze millions d'élèves de la maternelle au lycée ont repris le chemin de l'école jeudi, une rentrée inhabituelle marquée par plusieurs réformes mais aussi par des grèves dès la deuxième semaine.Comme partout en France, enfants et parents se sont engouffrés à 08H20 dans la cour de l'école maternelle du Pas-Saint-Georges, dans le centre de Bordeaux.Des visages sont rougis par les larmes, certains se précipitent sur les listes de classes, d'autres préfèrent s'attarder sur l'aire de jeu, tels Lux, 3 ans, et son papa Bruno, 40 ans. Assise sur un banc dans la cour, Laure, 43 ans, tente de consoler son fils de 3 ans et demi, en larmes en dépit de son doudou "sucé jusqu'à la moelle".A l'entrée du lycée Jacques-Brel à la Courneuve (Seine-Saint-Denis), Pamela et Sanjith, 15 ans, entrent en seconde et partagent un même "stress". "Je ne sais pas du tout à quoi m'attendre, tout est nouveau, le lycée, la seconde...", lâche la jeune fille. Son ami s'"inquiète d'un programme trop lourd" mais se dit "motivé pour travailler". Au total, 6,6 millions d'écoliers, 3,2 millions de collégiens et 2,1 millions de lycéens sont pris en charge par quelque 852.000 enseignants.Cette rentrée est marquée par plusieurs nouveautés: la réforme du lycée entre en vigueur en seconde avec notamment deux heures d'accompagnement personnalisé par semaine, un nouveau système de remplacements va être mis en oeuvre et 124 collèges et lycées vont expérimenter un rythme avec "cours le matin et sport l'après-midi".Les jeunes enseignants vont être revalorisés financièrement, une conséquence de la réforme très controversée de leur formation, qui a aussi pour effet que les 16.000 professeurs stagiaires font leur première rentrée sans avoir reçu de formation pédagogique.A ce sujet, le ministre de l'Education nationale Luc Chatel, en déplacement dans un groupe scolaire à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), a assuré "avoir une pensée particulière pour ceux qui découvrent le métier".Il a ensuite présenté la réforme du lycée à des classes de seconde du lycée Jean-Pierre-Vernant, à Sèvres (Hauts-de-Seine): "On veut vous proposer une orientation progressive, pour vous permettre de bénéficier de passerelles au cours de l'année", a-t-il assuré.Il devait ensuite se rendre avec le Premier ministre François Fillon à l'école de Joux-la-Ville (Yonne). A peine ouverts aux élèves, les établissements scolaires devraient être perturbés par une grève dans les collèges et lycées lundi à l'appel du Snes-FSU, puis dans toute l'Education nationale mardi dans le cadre de la journée interprofessionnelle pour les retraites.Au-delà du projet de réforme des retraites, les syndicats dénoncent les 16.000 nouvelles suppressions de postes de cette rentrée, après plus de 30.000 entre 2007 et 2009 et avant de nouveau 16.000 prévues en 2011. Pour Isabelle, mère de trois enfants scolarisés dans le primaire et le secondaire à Paris (Xe arrondissement), "les enseignants ont raison de se mobiliser dès la rentrée car c'est inadmissible que l'on supprime 16.000 postes alors qu'on en a déjà supprimés l'année dernière". Qu'ils représentent les enseignants, les lycéens, les chefs d'établissement et même les inspecteurs, nombre de syndicats ont dénoncé une rentrée "sombre", marquée par "l'accumulation sans précédent de difficultés", dans un "climat général de rejet et de défiance". "Citez-moi une rentrée où les syndicats ne parlent pas de difficultés!", avait répondu Luc Chatel, mardi.La rentrée a été contrariée au collège Henri-Dunant, à Colombes (Hauts-de-Seine), où le gymnase a été détruit par les flammes jeudi matin, lors d'un incendie accidentel.

 

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