Rama Yade : « on ne peut pas défendre une écologie punitive »

0 17.11.2011 18:11

La secrétaire d’Etat chargée des sports a assisté dimanche au Grand prix de France moto. Dans un entretien publié dans « Le Maine Libre » lundi 24 mai, elle prône un rapprochement entre le développement durable et le sport.« Le Maine Libre » : Vous avez assisté au Grand Prix de France moto qui aura lieu au Mans jusqu’en 2016. Votre impression ?Rama Yade : C’est un superbe événement. Le Grand Prix de France a été retransmis dans 207 pays. Il y avait l’an dernier 80 000 spectateurs et les organisateurs pensent que le record va être battu cette année. C’est une image de prestige pour Le Mans. Il y avait huit pilotes français au départ, il s’agit de les soutenir. Et comme le Grand Prix de France va se jouer au Mans jusqu’en 2016, cela veut dire que la fédération internationale a confiance dans la ville du Mans et dans les organisateurs. C’est une marque de confiance.Vous venez d’organiser les premières assises du sport et du développement durable. Quel était le but recherché ?L’idée de ces assises du sport et du développement durable m’est venue lorsque j’ai assisté, médusée, au bras de fer entre les écologistes et tous ceux qui défendaient la création d’un circuit de Formule 1 à Flins. Dans le pays d’Alain Prost, c’est quand même dommage de ne plus avoir de Grand Prix de Formule 1. Le sport ne peut pas être la victime de ces batailles. Il s’agit de réunir des gens qui ne se parlent jamais. Ainsi, autour de la même table à ces assises, nous avons pu entendre Toni Estanguet, Isabelle Autissier et Yann Arthus-Bertrand. Le dialogue est toujours préférable aux invectives.Les sports mécaniques sont aujourd’hui la cible des écologistes. Développement durable et sports auto, c’est conciliable ?Les sports mécaniques ne sont pas les seuls sports qui polluent. Je sais que les fédérations, les organisateurs, font des efforts pour atténuer les impacts. Ce n’est qu’un premier pas. On ne fait pas une révolution écologique par un claquement de doigts. C’est vrai pour le sport comme pour le reste. Il faut donc encore persuader les uns et les autres à faire des efforts.Les écologistes dénoncent les nuisances des 24 Heures du Mans. Que leur répondez-vous ?Les organisateurs ont déjà commencé à travailler sur la réduction du bruit, notamment. Mais, quand il s’agit de Formule 1, de moto ou des 24 Heures, il y aura toujours du bruit. Il ne faut pas être excessif. On ne peut pas défendre une écologie par la punition ou par la taxe. Tout le monde a une conscience écologique. C’est vrai qu’en France, nous avons pris du retard mais je ne souhaite pas non plus que l’on sacrifie des événements et des équipements sportifs pour la seule raison écologique. Il faut que les écologistes et les organisateurs d’événements se rencontrent.Vous êtes au Mans, sur la terre du Premier ministre, François Fillon, passionné par le sport auto. Vous verra-t-on à ses côtés lors des prochaines 24 Heures du Mans ?On a déjà eu l’occasion de parler sports mécaniques ensemble notamment à propos du circuit de Flins. Quant à ma présence pour les 24 Heures du Mans, je ne le sais pas encore car je dois assister au premier match de l’équipe de France de football à la coupe du monde de football en Afrique du Sud.Propos recueillis par Serge Danilo

 

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