Procès Bissonnet: deuxième round devant les Assises de l'Hérault

0 21.11.2011 13:35

Le deuxième round de "l'affaire Bissonnet" s'ouvre lundi devant la cour d'Assises de l'Hérault, trois mois après l'interruption dans des conditions rocambolesques du procès des trois protagonistes, dont Jean-Michel Bissonnet, soupçonné d'avoir commandité le meurtre de sa femme.M. Bissonnet, qui est poursuivi pour "complicité d'assassinat", a décidé jeudi de se porter partie civile.Il continue de clamer son innocence du meurtre de sa femme Bernadette, commis en mars 2008 dans leur villa près de Montpellier, et rejette aussi toute tentative de subornation de témoin, à l'origine de l'interruption du procès le 1er octobre 2010.Lundi trois mêmes hommes se retrouveront à nouveau devant la cour: Jean-Michel Bissonnet, homme d'affaires à la retraite, qui a réussi des investissements fructueux dans l'immobilier de bureaux. A ses côtés dans le box des accusés, Méziane Belkacem, homme d'entretien occasionnel du couple, qui a avoué avoir commis le crime, à la demande de son patron, en échange de 30.000 euros.Quant à Amaury d'Harcourt, descendant d'une illustre famille, il est poursuivi pour "complicité d'assassinat". Lui a reconnu avoir fait disparaître l'arme du crime dans la rivière Le Lez, par amitié pour Bissonnet, une arme retrouvée sur ses indications. Le vicomte désigne aussi Bissonnet comme l'organisateur du meurtre. Selon Belkacem et d'Harcourt, le couple ne s'entendait plus. Ce que nie Bissonnet.Le procès en était à son cinquième jour le 1er octobre lorsqu'une incroyable série de coups de théâtre est venue tout bouleverser. Un des avocats généraux a d'abord brandi en plein prétoire des documents saisis par la police tendant à montrer que M. Bissonnet avait tenté de soudoyer un détenu pour qu'il rejette, à la barre, la responsabilité du crime sur le vicomte.Dans un prétoire électrisé, M. Bissonnet assumait alors la responsabilité des documents, rejetant cependant toute tentative de subornation de témoin et criant à nouveau, face à ses deux fils ébranlés, mais qui continuent de le soutenir, son innocence. Ses deux avocats choisissaient cependant de se retirer de l'affaire, conscients notamment du terrible effet de cette histoire sur les jurés.Après avoir ordonné un complément d'enquête, le président décidait de renvoyer le procès, qui repart à zéro lundi, avec un nouveau jury, près de trois ans après la mort de Bernadette Bissonnet, 57 ans, tuée de deux coups de fusil et découverte par son mari au retour de celui-ci d'une réunion au Rotary Club.Les événements de septembre 2010 vont-ils laisser des traces ? Pour Me Luc Abratkiewicz, avocat du frère de Mme Bissonnet, M. Bissonnet est un "manipulateur", qui "a voulu truquer, tricher". C'est un homme "capable d'une organisation délictuelle" alors qu'il veut donner l'image d'un homme "soupe au lait", soutient Me Iris Christol, l'avocate de Belkacem, qui souligne aussi que son client ne connaissait pas M. d'Harcourt.De son côté, Me Raphaële Chalié, avocate des deux fils Bissonnet, rappelle que "le fameux témoin n'est pas venu, qu'il n'a pas été cité. Donc Jean-Michel Bissonnet a manifestement décidé d'arrêter de lui-même de tenter par tout moyen de braquer les projecteurs sur M. d'Harcourt", qui à ses yeux est le vrai instigateur du crime.Les nouveaux avocats de Bissonnet, dont Me Henri Leclerc, ont refusé de s'exprimer avant l'ouverture des débats. En septembre, les audiences avaient démarré sur l'étude de personnalité des trois protagonistes. Ce nouveau procès hors norme, prévu pour durer un mois, s'ouvrira directement sur l'analyse des faits.

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