Prisons: nouveaux blocages, les surveillants maintiennent la pression

0 21.11.2011 10:05

Les accès à plusieurs dizaines de prisons ont été bloqués ou perturbés mercredi, avec des barrages de pneus enflammés, palettes de bois ou bottes de paille, par des surveillants appelés à une nouvelle journée d'action pour réclamer plus de moyens et d'effectifs.Une première journée de mobilisation avait été organisée le 15 novembre à l'appel d'une "entente syndicale" CGT-FO-CFDT-Snepap/FSU, qui a demandé au personnel pénitentiaire de "maintenir la pression" pour se faire entendre du nouveau ministre de la Justice, Michel Mercier. L'Ufap/Unsa, majoritaire, ne participe pas au mouvement.Les forces de l'ordre sont intervenues en différents endroits, à l'aide de gaz lacrymogènes mais sans violence signalée, pour permettre les "extractions" de prisonniers devant être conduits vers les palais de justice.Des barrages, hermétiques ou laissant passer les "parloirs", services médicaux ou autres urgences, avaient été dressés, dès 06H00 parfois, devant les prisons de Fleury-Mérogis, Fresnes ou Meaux-Chauconin en région parisienne.Dans l'est, ont été touchés de la même manière Oermingen (Bas-Rhin), Mulhouse, Sarreguemines, Nancy-Maxéville, Besançon. Une "bousculade" a suivi l'intervention des forces de l'ordre à Metz-Queuleu, où les pompiers sont intervenus pour éteindre un feu, selon un représentant syndical.Des palettes ont aussi brûlé à Roanne, tandis que des "blocages", "filtrages ou simples rassemblements étaient organisés à Moulins, à la Talaudière (Saint-Etienne), Aurillac, Privas, Nevers, Varces (Isère).Même chose dans le sud-est, avec banderoles et braseros, à La Farlède (Toulon), à Salon-de-Provence ou encore à Nice, où un feu de pneus et palettes, sitôt éteint par les pompiers, a été rallumé. Dans le sud-ouest, Agen et Poitiers étaient concernés.Quatre des quelque 20 établissements gérés par la direction interrégionale pénitentiaire de Lille étaient aussi touchés (Longuenesse, Béthune, Château-Thierry, Rouen), selon la CGT."Un travailleur social pour 120 détenus, c'est pas possible, un surveillant pour 50 à 200 détenus, c'est pas possible. On n'arrive pas à assurer la sécurité", déclarait à l'AFP Alexis Grandhaie, responsable CGT, lors d'un rassemblement à Rennes, où les surveillants s'interrogeaient aussi sur les "usines carcérales", aujourd'hui construites au détriment des petites unités."Les prisons restent très vétustes et délabrées. Nous demandons un moratoire sur les décisions prises concernant la fermeture d'une cinquantaine de prisons et l'ouverture de vingt gros établissements", a également déclaré à Fleury-Mérogis Céline Verzeletti, secrétaire générale de la CGT-pénitentiaire. "On nous apporte de nouvelles missions, et on n'a pas les effectifs. Sur la direction régionale de Lille, il nous manque plus de 100 agents. On nous annonce qu'il n'y aura que 25% de ces personnels qui seront remplacés", dénonçait Luc Rody, délégué régional CGT pénitentiaire.A partir de l'année prochaine, des missions jusqu'alors assurées par les forces de l'ordre (transfèrement de prisonniers, sécurité des audiences...) vont être progressivement confiées aux agents des services pénitentiaires.Au-delà de la journée de mercredi, l'entente syndicale a appelé le personnel pénitentiaire à décider lors d'assemblées générales de la suite à donner à leur action.

 

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