Pour Barack Obama, brûler le Coran serait "une aubaine pour Al-Qaïda"

0 21.11.2011 13:54

Barack Obama a jugé que le projet d'un petit groupe intégriste chrétien de Floride de brûler samedi des exemplaires du Coran était une "aubaine pour Al-Qaïda" alors que les craintes que cet autodafé provoque des violences surgissent dans le monde entier."C'est un geste destructeur" et "complètement contraire aux valeurs de l'Amérique", a estimé le président américain, au sujet de l'intiative de la petite église du sud-est des Etats-Unis dirigée par le pasteur Terry Jones."En tant que commandant en chef des forces armées américaines, je voudrais dire (au pasteur Jones) que ce projet dont il parle met vraiment en danger nos jeunes hommes et femmes en uniforme en Irak et en Afghanistan", a-t-il dit."C'est une aubaine pour le recrutement d'Al-Qaïda. Il pourrait y avoir de graves violences dans des endroits comme le Pakistan ou l'Afghanistan. Cela pourrait intensifier le recrutement d'individus qui sont prêts à se faire exploser dans des villes américaines ou européennes", a-t-il ajouté.Du reste, le département d'Etat a invité les ambassades américaines à évaluer la menace que peut représenter pour elles l'éclosion de cette polémique. Plusieurs postes diplomatiques ont déjà "publié des messages de mise en garde", a précisé la diplomatie américaine.Signe que la tension monte: en Afghanistan, des milliers de personnes se sont rassemblées jeudi dans une petite ville située au nord de Kaboul, pour crier des slogans anti-américains et anti-chrétiens.A la tête du "Dove World Outreach Center" ("Centre colombe pour aider le monde"), le pasteur Jones compte brûler 200 exemplaires du Coran samedi, jour anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, vers 18H00 (22H00 GMT) à Gainesville.L'initiative de ce groupuscule d'une cinquantaine de membres est censée glorifier le souvenir des victimes des attentats. Elle survient à un moment particulièrement sensible: les musulmans doivent célébrer autour du 10 septembre la fin du ramadan et les autorités aux Etats-Unis craignaient déjà avant cette polémique une montée du sentiment antimusulman.L'autodafé prévu ne peut être interdit en soi, le premier amendement de la Constitution américaine garantissant la liberté d'expression.Le pasteur fera-t-il alors marche arrière de lui-même ? Mercredi, il a assuré qu'il ne reculerait pas. Changement de ton jeudi. Dans le quotidien USA Today il affirme qu'il ne "pourrait pas ignorer" un éventuel appel des autorités américaines à annuler la manifestation.Depuis qu'elle fait la Une de la presse dans le monde, l'inititative a suscité des condamnations unanimes du Vatican, du monde islamique, des dirigeants dans le monde entier. Et la liste s'allonge d'heure en heure.Le président pakistanais Asif Ali Zardari a parlé d'une initiative "abominable" qui risque "d'enflammer les sentiments des musulmans".Cet acte "pourrait être pris comme prétexte par les extrémistes pour commettre plus de meurtres", a réagi le Premier ministre irakien Nouri-al-Maliki. En Iran, le ministre des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a dit craindre "la réaction des musulmans du monde entier".La France a condamné ce projet qui constitue "une insulte" aux morts du 11-Septembre, victimes eux-mêmes du "dévoiement de la religion".En Grande-Bretagne, l'ancien Premier ministre Tony Blair a incité les gens à "lire le Coran" plutôt que le brûler.L'Inde a appelé les médias du pays "à ne pas diffuser d'images de cet acte déplorable" afin de ne pas alimenter la colère des musulmans.Des responsables religieux ont cependant cherché à désamorcer la colère.Pour les oulémas (théologiens officiels) du Maroc, le projet d'autodafé relève "d'une initiative isolée, étrangère aux valeurs de la religion chrétienne" et qui "ne portera pas atteinte à l'islam".Le recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur a appelé les musulmans à ne pas "tomber dans le panneau de la provocation".Aux Etats-Unis, des révérends chrétiens ont annoncé qu'ils allaient partir à la rencontre du pasteur pour le raisonner. Et une secte minoritaire de l'islam, les ahmadis, compte donner à des librairies et des universités autant d'exemplaires du Coran que ceux qui seront brûlés.

 

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