Pollution en Hongrie: le bilan s'alourdit à huit morts, la société MAL sur la sellette

0 21.11.2011 13:55

La police hongroise a interpellé un dirigeant de la société MAL, plus que jamais sur la sellette après le grave accident industriel de son usine il y a une semaine, qui a fait huit morts selon un nouveau bilan.Zoltan Bakonyi, fils de l'un des propriétaires de la société, a été interrogé sur la catastrophe des boues rouges, "qui a causé la mort de plusieurs personnes et de graves dommages à l'environnement", a indiqué la police dans un communiqué, ajoutant avoir lancé la procédure pour le placer en détention préventive.Le Premier ministre Viktor Orban avait plus tôt annoncé l'interpellation d'un dirigeant de MAL, sans en préciser l'idendité."La société responsable pour la catastrophe de boue rouge doit être mise sous contrôle de l'Etat", a également lancé le chef du gouvernement, au cours d'une session plénière du parlement hongrois."Puisqu'il ne s'agit pas d'une catastrophe naturelle, (...) ce n'est pas aux contribuables de subir les coûts, mais à ceux qui ont causé les dommages", a-t-il encore déclaré.Entretemps, le bilan s'est alourdi à huit morts, après la découverte du corps de la dernière personne portée disparue à Devecser, a déclaré le chef des services de secours Tibor Dobson à l'agence de presse nationale MTI. Il s'agit d'une femme âgée, qui a "été emportée par la marée (de boue)".Devecser et Kolontar sont les deux villages les plus durement touchés par la coulée de boue rouge toxique qui s'est déversée il y a une semaine après la rupture d'un réservoir de l'usine d'aluminium d'Ajka, à 160 kilomètres à l'ouest de Budapest.La pollution a détruit l'écosystème des rivières Torna et Marcal et atteint, sous une forme diluée, le Danube lui-même. L'accident a aussi fait quelque 150 blessés. 45 personnes sont toujours hospitalisées, dont deux dans un état très grave.Ses causes restent à élucider. MAL est soupçonnée d'avoir surchargé ses réservoirs, ce que la société a de nouveau fermement démenti lundi."Pour l'instant, nous ne savons pas encore si la société avait surchargé les réservoirs ou non, mais si oui, c'est de l'entreposage illégal de déchets et c'est un crime", a déclaré lundi Zoltan Illes, le secrétaire d'Etat à l'environnement, ajoutant que la société pourrait avoir à payer jusqu'à 73 millions d'euros d'amende.Les autorités ont saisi lundi des documents concernant les réservoirs dans les locaux de l'usine d'Ajka, a précisé le secrétaire d'Etat.A Kolontar, les ouvriers s'activaient à la construction d'une immense digue de 1.500 m de long, 30 m de large et 4 m de haut qui doit protéger le village en cas de nouvelle rupture du réservoir fissuré. L'ouvrage doit être terminé dans la soirée.Les craintes d'une nouvelle inondation a conduit samedi à l'évacuation d'urgence des habitants du village. La grande majorité des évacués -- mis à part les 24 personnes qui ont refusé de quitter le village -- a été hébergée par de la famille ou des amis.Entretemps, trois experts de l'Union europénne (UE) sur les cinq demandés par la Hongrie pour aider à surmonter les conséquences de l'inondation de boue rouge sont arrivés en Hongrie. Ils doivent donner un compte-rendu de leurs examens et de leurs propositions vendredi, ont déclaré les services de lutte contre les catastrophes.Mardi, le président de la Commission Européenne José Manuel Barroso doit rencontrer Viktor Orban à Budapest dans le cadre d'une visite prévue de longue date mais qui sera l'occasion faire le point sur les suites des inondations, a indiqué la Commission.Le chef de l'exécutif européen n'a pas prévu de se rendre dans la zone touchée par l'inondation de boue toxique.

 

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