Pôle emploi: Wauquiez lance dans la discrétion une "grande consultation" des usagers

0 21.11.2011 09:40

Un an et demi après la création de Pôle emploi, le gouvernement a lancé jeudi une "grande consultation" des usagers, faisant profil bas face aux médias alors que l'établissement public de 49.000 salariés peine à apporter le service amélioré promis, pas seulement à cause de la crise."Cette grande consultation permettra de collecter leurs attentes et d'améliorer la relation avec les usagers", selon un communiqué du secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, diffusé par avance.Première d'une série de visites de terrain prévues cet été avec le directeur général Christian Charpy dans le cadre de la consultation, M. Wauquiez s'est rendu dans une agence Pôle emploi de l'agglomération lilloise.L'envoi par internet de 500.000 questionnaires à des chômeurs est prévu. Les résultats doivent être analysés à la rentrée.Le taux de chômage à 9,9% (DOM inclus) reste la première préoccupation des Français. Si la situation semble se stabiliser, la décrue sera lente.M. Wauquiez était accompagné du nouveau médiateur de Pôle emploi, Jean-Louis Walter. Son prédécesseur a démissionné prématurément en avril, se plaignant que la direction fasse trop peu de cas des dysfonctionnements qu'il observait.Cette première rencontre du médiateur avec la presse a été brève.Après plusieurs changements de dernière minute, les médias, d'abord interdits, ont été tolérés pendant une demi-heure après protestations.La presse avait été invitée à suivre M. Wauquiez pendant son déplacement, initialement programmé dans une agence Pôle emploi de Lyon Vaise.Le jeune maire du Puy-en-Velay, peu avare d'apparitions publiques, s'est défendu en disant vouloir "ne pas faire une opération de com'" mais laisser "vraiment la possibilité de s'exprimer" aux agents et demandeurs d'emploi.Les demandeurs d'emploi sont peu nombreux dans les agences. Ils sont invités depuis la réforme à contacter leur conseiller par téléphone, ce dont certains se plaignent avec vigueur.Epargné par les rumeurs donnant certaines figures du gouvernement partantes à l'automne, M. Wauquiez est réputé proche du président de la République.Il a alimenté la polémique récemment en profitant d'un déplacement à Londres pour solliciter des dons auprès d'hommes d'affaires, au bénéfice de son micro-parti Nouvel Oxygène. Légale, cette pratique de financement politique est controversée depuis l'affaire Bettencourt."C'est entièrement contrôlé", "si on veut qu'il n'y ait plus de vie politique, il n'y a qu'à le dire", a déclaré jeudi le secrétaire d'Etat.M. Wauquiez a d'autres motifs de préoccupation, notamment les tensions entourant son budget 2011 et celui de Pôle emploi qui n'échappera pas à la rigueur et devra se passer des renforts alloués pour la crise."Avec la montée du chômage de longue durée, c'est là que les difficultés vont commencer", dit Pôle emploi. Il ne s'agit plus seulement d'inscrire et d'indemniser, mais d'aider à retrouver un emploi, tâche par nature plus difficile, compliquée de surcroît par la faiblesse des créations d'emplois.Avec la fusion ANPE-Assedic, M. Wauquiez avait promis du "sur mesure".Avec une moyenne d'un conseiller pour 95 chômeurs selon la direction, 200 selon le syndicat Snu-FSU (premier), le service peine à assurer sa mission.La majorité des syndicats du personnel viennent de rejeter le texte de la direction pour améliorer les conditions de travail. Leur dégradation, accentuée par la fusion et la crise, rejaillit sur le service aux usagers."On assiste au retour des vieux démons du service public de l'emploi", affirme la fondation Terra Nova, proche du PS.

 

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