Philippe : « Pour moi, Allonnes, c’est un carré plein de HLM »

0 21.11.2011 09:52

Jusqu’au 23 avril, retrouvez dans « Le Maine Libre » celles et ceux qui font vivre Allonnes. Philippe Garreau, 53 ans, est né dans cette ville et il en a habité le vieux bourg, Chaoué et aujourd’hui Beausoleil. Rencontre avec un Allonnais fier de l’être et qui revendique la mixité sociale des grands immeubles.Philippe était couvreur charpentier. Comme son grand-père installé à Chaoué et dont la maison « sera dans les années 60 la première gendarmerie d’Allonnes ». Il pointe du doigt une bâtisse sur une photo en noir et blanc. « On habitait au départ dans le Vieux Bourg, avec mes parents, mes frères et ma sœur » se souvient-il. Puis il investira le H1 - ce grand immeuble aujourd’hui démoli - « jusqu’en 1972 ». La famille s’installe au Mans. Mais le jeune Philippe rejoint Allonnes en mobylette. « C’est là que j’avais tous mes copains » rigole-t-il. Au pied du bâtiment A. « La bande d’Allonnes. » Pas méchants. Mais « bagarreurs ».Il revient s’y installer à 24 ans, marié, dans l’immeuble H2. Chaoué, encore. La famille s’agrandit de deux enfants. Le F3 est délaissé au profit d’un F4, quelques cages d’escalier plus loin, au H3, jusqu’en 2001. Mais « après quarante ans passés en HLM, j’en étais saturé » explique-t-il. « Je voulais de la tranquillité. » Il la trouvera dans ce quartier de Beausoleil, dans ces immeubles composés de petites maisons. Fait un échange en 2009 avec celui la voisine au jardin plus petit, « maintenant que je suis tout seul ». Salarié de Valeo à La Suze-sur-Sarthe depuis treize ans, Philippe n’a jamais voulu quitter la ville qui l’a vu naître. « Je m’y sens bien. On a tout, les commerces (le supermarché Ed est à quelques pas), les usines ne sont pas loin, les bois pour se promener. » Ceux de Chaoué.« Pour moi, Allonnes c’est un grand carré plein de HLM. Et on a appris à y vivre tous ensemble. Nous n’avons pas fait Allonnes, c’est Allonnes qui nous a fait. Ici, un individu ne peut pas imposer sa propre loi. Il faut suivre la règle générale. » Et puis, « à Allonnes, faut comprendre les gens, les écouter. J’ai grandi avec des Marocains, des Espagnols, des Portugais… Tout le monde était mélangé. On s’entendait tous bien… Je ne pense pas que ce soit toujours aussi vrai aujourd’hui. » Mais pour Philippe, nul doute, « il aurait fallu davantage de quartiers comme Allonnes, en France. » Et s’il ne se revoit pas vivre en HLM aujourd’hui, il en garde une certaine nostalgie. « Là, ce qui manque, c’est une vie de quartier. »Ronan LE MONNIER

 

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