Patrimoine: la ville d'hiver d'Arcachon, vrai joyau architectural de la fin du XIXe siècle

0 21.11.2011 09:58

Les hauteurs d'Arcachon dissimulent un véritable joyau architectural de la fin du XIXe siècle, la ville d'hiver, constituée de 300 villas, toutes de style parfois excentrique, dont certains propriétaires entrouvriront les portes lors des journées du patrimoine."Cette ville est née des intérêts financiers des frères Péreire, propriétaires de la ligne de chemin de fer Bordeaux-La Teste de Buch et qui, pour la rentabiliser, ont eu l'idée de faire venir des malades de la tuberculose", explique Richard Lahaye, heureux propriétaire de la villa "Shéhérazade".Dans cette cité balnéaire du bassin d'Arcachon, ils pouvaient ainsi bénéficier des bienfaits de l'air marin et des senteurs de la forêt de pins. Ce sanatorium à ciel ouvert est construit à partir de 1863.Au départ, ce sont des maisons de type "chalets", afin de rappeler l'esprit de la montagne, qui font leur apparition sur ce qui est alors une immense dune de sable boisée, située à moins de 2 kilomètres de la plage."Les 96 chalets sont conçus selon un plan hygiéniste, c'est-à-dire qu'il n'y avait par exemple aucun angle vif, aucune moulure aux plafonds et pas de rideaux", raconte Myriam Madec, guide interprète à l'office de tourisme d'Arcachon.Pour favoriser au maximum la guérison, les rues sont sinueuses afin d'éviter les courants d'air. Pour pouvoir respirer le bon air d'Arcachon, des balcons sont bâtis à tous les étages de ces hautes maisons dont l'exposition est savamment étudiée.Les malades viennent souvent accompagnés de toute leur famille dans ces immenses maisons parfaitement bien exposées et dans lesquelles ils restaient souvent plusieurs mois."C'était un endroit de rêve pour des personnes au bord de la mort", résume Dominique Chevallier, propriétaire de la villa Marguerite.Des concerts ainsi qu'un superbe casino, à l'architecture hispano-mauresque, sont notamment là pour divertir les convalescents et leurs proches.Des personnes célèbres viennent séjourner dans ces immenses villas, à l'image du compositeur français Achille-Claude Debussy qui passa l'été 1880 à la villa Marguerite. Dans le cadre des journées du patrimoine, des oeuvres de Claude Debussy seront jouées dimanche dans les immenses jardins de la villa Marguerite afin de replonger les touristes et les Arcachonnais dans l'atmosphère qui régnait à la fin du XIXe siècle.Le temps de la splendeur de la ville d'hiver durera jusqu'aux années 1920. Puis, les maisons, à l'architecture de pierre et de brique et aux balcons de bois ouvragés, ont peu à peu remplacé les chalets. Elles ont été souvent transformées en pensions de familles accueillant les malades et leur famille."Lorsque je l'ai achetée, il y a 21 ans, cette maison avait été transformée en une école et en logement pour le directeur de la colonie de vacances voisine", se souvient M. Lahaye, aujourd'hui retraité."Il a fallu en effet attendre les années 1980-2000 pour que la ville d'hiver commence à renaître", raconte Annick Chevallier, qui a acquis la villa Marguerite en 2003."Pendant longtemps, la ville avait la réputation d'être une ville de moribonds et de pestiférés", souligne M. Lahaye.Mais depuis bientôt 30 ans, elle est redevenue un lieu de villégiature ou de résidence à l'année, très prisé pour son architecture et son emplacement qui permet d'être "à la campagne tout en étant en ville", reconnaît Mme Chevallier. Comme beaucoup de propriétaires, elle se montre très prolixe sur l'histoire incroyable de ce petit coin de paradis.

 

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