Parti d'un feu de poubelle, un incendie fait sept morts à Dijon

0 21.11.2011 10:34

Sept personnes sont mortes et quatre blessés graves sont entre la vie et la mort après l'incendie à Dijon d'un foyer de travailleurs migrants, dans la nuit de samedi à dimanche, qui est parti d'un feu de poubelle dont l'origine restait encore indéterminée."Je veux savoir précisément ce qui s'est passé cette nuit, comment la fumée s'est propagée jusqu'au neuvième étage, quel est l'enchaînement des faits", a déclaré le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, dépêché à Dijon dans l'après-midi par le Premier ministre.Peu avant 01H30 dimanche, les pompiers ont été appelés pour un simple feu de poubelle, dans un appentis adjacent à un foyer Adoma (ex-Sonacotra) de neuf étages, a raconté à l'AFP le commandant Jean-Louis Marc, du Service départemental d'incendie et de secours de Côte-d'Or. Mais les appels se sont vite multipliés et lorsque le premier véhicule est arrivé sur les lieux, neuf minutes après, "le feu était déjà très développé" et les résidents du foyer ne pouvaient plus "évacuer les lieux par eux-mêmes en raison des fumées", a poursuivi ce responsable.Selon un autre officier, le capitaine Roy, l'incendie "s'est propagé par la partie isolante du bâtiment", situé dans le quartier sensible de la Fontaine-d'Ouche, gagnant toute la façade et "provoquant d'énormes dégagements de fumée". Parmi les victimes, âgées de 40 à 60 ans, l'une est décédée après avoir sauté du septième étage et les six autres ont été asphyxiées. Trois sont de nationalité française, deux de nationalité sénégalaise, une algérienne et la dernière vietnamienne, d'après la préfecture.Arrivés sur place peu avant les sapeurs-pompiers, deux policiers ont tenté de dissuader les occupants de se défenestrer en les appelant à l'aide de haut-parleur d'attendre l'arrivée des échelles des pompiers.Selon un dernier bilan du CHU de Dijon, dix blessés graves, souffrant essentiellement d'intoxication au monoxyde de carbone étaient placés en caisson hyperbare dans des hôpitaux de Nancy, Besançon, Metz et Lyon et le pronostic vital pour l'un d'eux restait "engagé", .Trois autres patients étaient également entre la vie et la mort dont deux adultes et un enfant parmi les cinq actuellement en réanimation pédiatrique. Selon la préfecture, 141 des 190 résidents du foyer étaient présents au moment du sinistre et tous ont été incommodés par les fumées.Sur les 134 personnes pris en charge dans les deux postes médicaux avancés, 72 ont été hospitalisées dont 47 sont ressorties en journée pour rejoindre en bus le Palais des Sports où a été installé un site d'accueil, selon le CHU.Entourés de membres du Samu et de la protection civile, les sinistrés y ont trouvé des lits d'appoint et des repas leur ont été servis.La façade du foyer était, quant à elle, largement noircie et plusieurs pompiers se sont employés à sécuriser les lieux en retirant tout ce qui était susceptible de tomber, sous le regard de quelques badauds.Le procureur de Dijon, Eric Lallement, a ouvert une enquête "en recherche des causes et de la propagation de cet incendie", qui a affecté pour une raison inconnue "une ou plusieurs poubelles".Le laboratoire de police technique et scientifique de Lyon a été chargé des constatations. L'enquête a été confiée à la direction inter-régionale de la PJ de Lyon et à la Sûreté départementale de la Côte d'or."Pour l'instant nous n'avons pas de qualification pénale pour ces faits", a indiqué le magistrat à l'AFP qui a annoncé l'autopsie "lundi" des défunts.Quatre-vingt-treize pompiers ont été engagés dont trois ont été "légèrement intoxiqués et traités sur place".Dans un communiqué, le ministre de l'Immigration Eric Besson a fait part de sa "très grande émotion" à la suite de cet incendie.

 

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