Onze espèces nouvelles identifiées dans le parc du Mercantour

0 21.11.2011 09:26

C'est un charançon de trois millimètres, "avec des poils écailleux": "trachyphloeus lecciae", baptisé du nom de l'écologue chef du projet, est l'une des 11 espèces nouvelles identifiées dans le Mercantour depuis qu'y a été lancé un inventaire biologique généralisé."Il est tout rond, et se roule en boule quand il est inquiet. On peut le trouver moche, mais notre charmante animatrice, Marie-France Leccia, le trouve très beau", s'amuse Jean-Michel Lemaire, "coléoptériste" bénévole qui a contribué à l'identification de l'insecte, ramassé par des spéologues dans un aven de Fontan (Alpes-Maritimes).L'inventaire biologique généralisé, ou ATBI (All Taxa Biodiversity Inventory), du parc national du Mercantour et de son voisin italien, le Parco naturale Alpi Marittime, a été lancé fin 2006, sous l'impulsion d'un consortium international de grands musées d'histoire naturelle et de jardins botaniques, EDIT (European Distributed Institute of Taxonomy).Il s'agit du premier recensement de ce type mené en Europe, le plus ambitieux ayant été lancé par les Etats-Unis en 1998, dans le parc des Great Smoky Mountains (Appalaches).L'objectif ? "Identifier, inventorier et classer les espèces", dans la plus pure tradition du naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778). Mais aussi "étudier l'évolution des écosystèmes, évaluer l'impact du réchauffement climatique ou de la pollution en suivant certaines espèces servant de +marqueurs biologiques+", explique Marie-France Leccia."Pour mieux comprendre un écosystème, il faut savoir de quoi il est fait. Et mieux comprendre, c'est mieux protéger", souligne-t-elle.Pour l'heure, après trois saisons de collecte, 11 espèces inconnues dans le monde ont été répertoriées, pour le plus grand bonheur des "taxonomistes", ces chasseurs-collectionneurs spécialistes de la classification des espèces : le fameux charançon, sept invertébrés aquatiques souterrains et trois collemboles.Pour microscopiques qu'elles soient, ces découvertes sont la partie la plus spectaculaire du travail de fourmi réalisé par les 250 scientifiques, chercheurs et non-professionnels, qui participent au projet : au total, 7.600 espèces ont déjà été recensées, et des dizaines de milliers de données biologiques collectées.Situé au croisement des influences alpine, méditerranéenne et continentale, et s'étageant de 300 à 3.200 mètres d'altitude, le massif du Mercantour figure parmi les 34 "points chauds" de la diversité biologique dans le monde, et compterait de 15 à 20.000 espèces.Les informations recueillies alimentent au fur et à mesure un immense tableau, l'Inventaire national du patrimoine national, et un spécimen de chaque espèce est transmis au Muséum national d'histoire naturelle et au Muséum régional de sciences naturelles de Turin pour compléter leurs collections.Les naturalistes parviendront-ils au bout de leur recensement ? "Nous poursuivrons notre projet aussi longtemps que cela nous sera possible", répond Mme Leccia. "Cette année, nous commençons les volets mousses et lichens. En 2011, nous débuterons la parasitologie".Le budget, de 150.000 euros annuels de 2007 à 2009, a été porté à 850.000 euros par an de mi-2010 à mi-2012, la Commission européenne, EDIT, la Fondation Albert II de Monaco, le gouvernement de la Principauté, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, le Fonds européen de développement régional et les conseils généraux des Alpes de Haute-Provence et des Alpes-Maritimes ayant mis la main au porte-monnaie. De quoi redoubler d'effort pour chercher la petite bête.

 

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.