Nucléaire: le gouvernement craint "le pire des scénarios", Sarkozy défend la filière

0 21.11.2011 09:39

Le gouvernement a redouté mercredi le "pire des scénarios" dans la catastrophe nucléaire en cours au Japon, avec un impact "supérieur" à Tchernobyl, mais Nicolas Sarkozy a réaffirmé la "pertinence" du choix nucléaire français et écarté tout référendum sur son avenir.Dans l'après-midi, M. Sarkozy a présidé une réunion interministérielle sur l'accident nucléaire de Fukushima, avec François Fillon et Christine Lagarde (Economie), Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie) et Eric Besson (Industrie). Ces deux derniers venaient d'être auditionnés à l'Assemblée avec les représentants de la filière nucléaire, tous tenant des propos alarmistes.Les autorités françaises ont mis deux avions gouvernementaux à disposition de leurs ressortissants souhaitant quitter le Japon, rappelant que "compte tenu de l’évolution possible de la situation, il est recommandé aux Français de Tokyo de quitter la région pour le sud du pays ou pour la France"."La situation au Japon est extrêmement préoccupante, elle est très grave, et les heures qui viennent sont des heures essentielles", a déclaré le chef de l'Etat en fin de journée en ouverture d'un discours sur les entreprises.Sur le même mode inquiet, le porte-parole du gouvernement François Baroin a lui aussi concédé que "le pire des scénarios est une hypothèse qu'on ne peut pas écarter aujourd'hui". Avant de préciser que "le pire des scénarios, c'est évidemment un impact supérieur à Tchernobyl", en référence à la catastrophe nucléaire de 1986 en Ukraine.Du côté des acteurs de la filière nucléaire, la tonalité des commentaires ne variait pas : "Nous sommes dans l'urgence absolue", a dit la présidente d'Areva Anne Lauvergeon lors de l'audition parlementaire, en s'alarmant du manque d'eau pour refroidir la centrale. L'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) a évoqué des "retombées radioactives extrêmement fortes dans l'enceinte des installations" exposant les intervenants "à des conditions extrêmes".Malgré les inquiétudes, Nicolas Sarkozy a profité du Conseil des ministres pour réaffirmer son refus de remettre en cause le virage nucléaire opéré dans les années 1960 par la France, et souligné la "pertinence" de cette option pour le pays et "son indépendance énergétique". Il a insisté sur "l'excellence technique" du dispositif de sûreté du parc français. Des propos qualifiés de "honteux" par le réseau "Sortir du Nucléaire".Comme M. Fillon mardi devant les députés, M. Sarkozy a promis que l'Etat tirerait "les enseignements de l'accident de Fukushima (...) à travers une revue complète des systèmes de sûreté de nos centrales nucléaires".Mais le président a écarté l'idée d'un référendum sur le nucléaire exigé par les écologistes ou même celle d'un débat organisé, réclamée par les ONG de défense de l'environnement."La politique énergétique est un enjeu essentiel du débat public", a-t-il concédé, et "le gouvernement doit être à l'écoute de l'ensemble des acteurs et recueillir leurs propositions pour optimiser notre politique énergétique".Mais pas question d'aller au-delà, a confirmé François Baroin. "Il n'y a pas de consultation référendaire à envisager sur un tel sujet, soyons sérieux et raisonnable", a-t-il dit, rappelant que le choix nucléaire était "partagé par tous les gouvernements de gauche et de droite depuis quarante ans".Au Japon, l'équipe de la Sécurité civile française envoyée pour aider aux opérations de secours a quitté mercredi Sendaï pour se replier 350 km au nord, à cause notamment de "la situation nucléaire et radiologique actuelle".Enfin Paris a commencé à envoyer à titre préventif des comprimés d'iode dans certains de ses territoires d'outre-mer, notamment dans le Pacifique sud, même s'il n'y existe pas "à ce stade de risque de contamination".

 

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.