Nucléaire: le gouvernement annonce des contrôles sur le parc français

0 21.11.2011 13:54

Le gouvernement a ouvertement exprimé sa vive inquiétude mardi face à l'accident de Fukushima et annoncé des contrôles sur son propre parc nucléaire, François Fillon promettant qu'"aucune des questions posées" par la catastrophe japonaise ne serait éludée.Nicolas Sarkozy doit évoquer mercredi en Conseil des ministres la situation au Japon, et dans l'après-midi une réunion de la filière nucléaire autour des ministres Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie) et Eric Besson (Energie) a été convoquée devant plusieurs commissions du Parlement."Aujourd'hui, c'est le temps du soutien et de la solidarité avec le peuple japonais. Il y aura ensuite le temps du retour d'expérience", a affirmé le Premier ministre à l'Assemblée, qui a respecté une minute de silence, avant la séance des questions."Nous reverrons toutes les centrales, une à une, pour (...) tirer les enseignements de Fukushima", a promis de son côté la ministre de l'Ecologie.Il s'agit de "renforcer la sécurité de notre parc (...). Nous n'éluderons aucune des questions posées", a insisté François Fillon. Il a assuré que le nucléaire français était "l'un des plus sûrs", "des plus vérifiés" et "des plus transparents" au monde.En réponse aux voix réclamant une sortie du nucléaire -dont la France est un des principaux utilisateurs au monde-, le chef du gouvernement a estimé qu'il était "tout aussi absurde d'affirmer que le nucléaire est condamné par cet accident que d'affirmer qu'il ne nous concerne pas".Au lendemain de l'exigence d'un référendum formulée par les écologistes, le PS a réitéré sa demande d'un "audit approfondi et exhaustif du parc nucléaire français", voyant la sécurité comme "la priorité absolue", mais a estimé que la réduction de la place de cette énergie "ne se ferait pas en un jour".A la mi-journée, lors d'une réunion à Matignon, Mme Kosciusko-Morizet n'avait pas caché son inquiétude face à l'évolution de la situation au Japon en disant que ce n'était "pas bon du tout". "Oui", avait répété à deux reprises Eric Besson, interrogé quant à savoir si "le scénario du pire" était en cours.En déplacement dans le Tarn-et-Garonne, le président Sarkozy a évoqué des "événements dramatiques, d'une ampleur considérable qu'il ne faut en aucun cas minimiser".En tant que président du G8/G20, il veut tenir, "au mois d'avril vraisemblablement, un sommet des ministres de l'Economie et de l'Energie pour parler" des question des matières premières. Dans le même temps, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a affirmé que l'accident de Fukushima avait atteint un niveau de gravité 6 sur l'échelle internationale qui en compte 7.Interrogée par l'AFP à Tokyo, l'agence de sûreté nucléaire japonaise a réfuté cette évaluation, maintenant son classement de l'accident au niveau 4.Signe que le gouvernement français redoute le pire, François Fillon a signalé qu'Air France avait reçu pour consigne de mobiliser des avions afin de rapatrier les Français.Plusieurs médias français, comme Radio France et i-TELE, ont décidé de rapatrier la quasi-totalité de leurs envoyés spéciaux au Japon en raison des risques encourus, tandis que d'autres comme France Télévisions allègent leur dispositif. Et le groupe nucléaire français Areva a décidé de reporter un convoi maritime de combustible MOX (mélange d'uranium et de plutonium) pour le Japon, selon un porte-parole à La Hague.En France, "l'impact sanitaire est bien entendu nul", a assuré Agnès Buzyn, présidente du conseil d'administration de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

 

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