Nucléaire: conseil extraordinaire d'Iter pour remettre le projet sur de bons rails

0 21.11.2011 13:33

Un conseil extraordinaire d'Iter prévu mardi et mercredi à Cadarache (Bouches-du-Rhône) doit remettre sur de bons rails ce projet de réacteur à fusion thermonucléaire, fragilisé par des problèmes de financement et qui doit cet été entrer dans sa phase de construction.Projet pharaonique étalé sur 35 ans et qui a pour objectif d'établir si la fusion nucléaire peut devenir une importante source d'énergie dans le futur, Iter a vu ses besoins de financement réévalués à la hausse en 2010 et son calendrier rallongé.Le coût estimé du projet qui réunit la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom), la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Russie et les Etats-Unis, a explosé, avec la part prévue pour les Européens entre 2007 et 2020 passée de quelque 3,5 milliards d'euros selon les estimations de 2006 à 7,2 milliards aujourd'hui.Côté calendrier, le conseil a décidé en novembre 2009 d'abandonner l'objectif de 2018 pour obtenir un premier plasma, et en mars des représentants des membres d'Iter ont proposé comme nouvel objectif la date de novembre 2019.A la mi-juin, le conseil d'Iter s'est réuni à Suzhou, en Chine, et une nouvelle mouture du projet intégrant ces nouveaux éléments (financement et calendrier) a été élaborée."Il y avait six partenaires qui étaient en état de l'approuver", explique une porte-parole d'Iter Organisation, mais le représentant de l'Europe n'avait pas de mandat pour le faire.Pour Euratom, il fallait au préalable trouver le moyen de financer le surcoût de 1,4 milliard d'euros d'ores et déjà prévu à sa charge pour 2012-2013.Dans ce contexte d'incertitudes, Valérie Pécresse, ministre de la Recherche, a rencontré le 25 juin à Washington John Holdren, conseiller pour la science du président Barak Obama, et le ministre chinois de la Recherche à Pékin le 5 juillet afin de rappeler à ces partenaires l'intérêt que l'UE porte au projet, a-t-on appris auprès du ministère.La Commission européenne a annoncé le 20 juillet avoir proposé aux gouvernements de l'UE de couvrir le surcoût de financement à sa charge grâce à des fonds non utilisés du budget commun. Cette proposition doit être avalisée par les gouvernements et le Parlement européen.Le montage présenté par l'exécutif bruxellois combine un redéploiement de fonds alloués au 7e programme cadre de recherche -- 100 millions d'euros en 2012 et 360 millions en 2013 -- et l'affectation de 400 millions d'euros de crédits non utilisés provenant d'autres postes du budget.Un autre transfert du même type sera précisé plus tard, a ajouté la Commission.Cet engagement européen doit permettre à Iter de repartir sur de nouvelles bases. "Cette réunion marque vraiment le début de la phase de construction", après la phase de préparation du projet dont la durée avait "probablement été un peu sous-estimée", affirme la porte-parole d'Iter Organisation.Nouveaux financements, nouveau calendrier... et nouvelle équipe également puisqu'à Cadarache, Iter doit officialiser mercredi la nomination du physicien japonais Osamu Motojima à la tête de l'organisation, en remplacement de son compatriote Kaname Ikeda, ancien diplomate et ingénieur nucléaire."Les premières opérations de construction de bâtiments Iter vont commencer début août", souligne par ailleurs Iter Organisation.Il s'agit de construire le siège administratif ainsi que deux bâtiments techniques. Quatre ans après la signature du traité international lui ayant donné naissance, Iter sortira alors vraiment de terre.

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