« Nous l’avons un peu modelée, cette ville d'Allonnes»

0 21.11.2011 09:51

Jusqu’au 23 avril, retrouvez dans « Le Maine Libre » celles et ceux qui font vivre Allonnes. Militante, animatrice de centres de loisirs, élue municipale sous Yvon Luby, correspondante de presse, Élisabeth Vinson a participé à la vie allonnaise. Et y reste profondément attachée.Quand elle se promène à Allonnes, Élisabeth aime bien longer la Sarthe à Chaoué. « J’y reviens toujours. » Là où travaillaient ses grands-parents maternels. « Ils étaient maraîchers. » Leur ferme est aujourd’hui devenue… théâtre. Mancelle jusqu’à 17 ans, Élisabeth découvre - avec ses parents et ses deux sœurs - le premier appartement, rue Louis Rosier. Sans chat, ni chien, ni jardin. Mais avec tout le confort.Surveillante dans ce qui deviendra ensuite le collège Kennedy, son caractère militant éclos. « Il s’agissait pour moi d’être sur le terrain, en contact avec les gens pour défendre concrètement les plus démunis » explique cette « rebelle » qui à 17 ans au lycée déjà menait sa première grève « pour réclamer davantage de chauffage dans les dortoirs ».Élisabeth s’investit. Créée les Jeunesses communistes d’Allonnes. Milite pour la création d’une piscine et d’un centre de loisirs (où elle sera animatrice les deux premières années). Et le ciné-club « dans la salle de bal d’un restaurant ». Encadre centres de loisirs, camps d’adolescents et voyages de découverte. Croise un certain Yvon Luby à l’occasion d’une amicale des locataires. « Il y avait tout à faire, à l’époque. »A 24 ans, elle part à l’aventure. « Les dirigeants des Jeunesses communistes m’avaient proposée un an d’études à Moscou. » Elle y vivra « beaucoup de solidarité ». Revient en 1969 « sans un sou en poche ». Devient « permanente au parti » communiste français jusqu’à ses 40 ans, correspondante du journal l’Humanité et responsable d’un supplément sarthois le dimanche.Entre-temps, la gauche gagne la mairie en 1977. Elle devient 1re adjointe d’Yvon Luby. Mais la politique « n’était pas une forme de lutte qui me convenait ».En 1984, cette battante met le drapeau en berne. Coup de mou. La correspondance pour Le Maine-Libre s’offre à elle, lui permet de re-sillonner la ville. De franchir l’avenue de Gaulle.Encore aujourd’hui, l’avenue « est comme une barrière ». Et même si la solidarité des premières années n’y est plus tout à fait, Élisabeth se sent bien aux Perrières. « Il y a un mélange social ». Espagnols, Portugais, Maghrébins « et aujourd’hui Tchétchènes » s’y croisent. Parfois rapidement. « Il y a des locataires de mon immeuble que je ne connais même pas. Ca tourne très vite… » « On l’a un peu modelée »Pas de quoi lui donner complètement le tournis, « je m’y reconnais encore » dans ce quartier mélangeant maisons et immeubles. « Je ne sais pas pourquoi, je tiens beaucoup à cette ville. Sans doute parce que nous (anciens Allonnais, ndlr) l’avons un peu modelée, à notre façon. » Dehors, de son balcon, les immeubles apparaissent encore plus sombres par ce temps gris. « Mais ce n’est pas grave… » La chaleur est à l’intérieur.Ronan LE MONNIER

 

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