Nicolas Hulot déplore que l'écologie se fasse "au prorata des espoirs électoraux"

0 21.11.2011 09:43

Déçu par le nouveau périmètre du ministère de l'Ecologie, qui n'a désormais plus la main sur le secteur crucial de l'énergie, Nicolas Hulot, "père spirituel" du Grenelle, déplore, dans un entretien à l'AFP, que l'on fasse de l'écologie "au prorata des espoirs électoraux"."Déçu et pas forcément surpris", l'animateur de télévision n'a pas vu - loin s'en faut - dans le nouveau gouvernement Fillon l'"impulsion claire" en faveur de l'environnement qu'il avait appelée de ses voeux."La petite musique redondante qui consiste à dire +ça nous rapporte pas un électeur+ est en train de faire son oeuvre", déplore-t-il, jugeant "dommage qu'on fasse de l'écologie au prorata des espoirs électoraux"."Je pense qu'il y a deux choses qui sont de très mauvais signaux: premièrement le fait d'avoir avoir mis en lieu et place du ministre d'Etat de l'Ecologie, numéro deux du gouvernement, le ministre de la Défense, c'est un symbole très fort de priorité. Et la deuxième chose: d'avoir enlevé l'énergie pour la mettre dans le périmètre de Bercy", explique-t-il.Hulot, comme souvent, reste prudent. Il attend le discours de politique général du Premier ministre. Tire son chapeau à Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno: "Compte tenu de l'espace dont ils bénéficiaient dans leur majorité sur ces sujets, ils ont fait un excellent boulot." Salue l'arrivée de Nathalie Kosciusko-Morizet: "Ca, au moins, c'est un bon choix".Mais il confie en pensant à la nouvelle ministre: "Je ne suis pas tombé de la dernière pluie, et elle non plus.""Je considère qu'après l'abandon de la taxe carbone, même si le président n'en était pas forcément le responsable, le fait de ne pas avoir maintenu un numéro deux du gouvernement ministre d'Etat - ce qui était un engagement du Pacte écologique qui m'avait été réitéré dans un déjeuner avec le président - c'est pour le moins décevant", explique celui qui avait poussé fin octobre pour la nomination d'Alain Juppé.Le retrait de l'énergie du périmètre du ministère de l'Ecologie "est quelque chose de très préjudiciable qui va rendre le travail de Nathalie Kosciusko-Morizet difficile voire pas possible", glisse-t-il."Je pense qu'elle va avoir fort à faire avec Bercy, avec le budget, avec le ministre de l'Agriculture et de la pêche, tous ces gens-là n'ont pas une grande spontanéité sur ces sujets, y compris avec Matignon dont je n'ai pas eu de grande démonstration de volonté sur ces sujets", poursuit-il."On est reparti dans le culte de la croissance quantitative et avec probablement la volonté d'avoir une politique énergétique qui soit simplement une politique industrielle. Certains lobbies (...) ont gagné", regrette-t-il.De quoi lui donner des idées pour 2012 ? Celui qui a rappelé samedi qu'il "n'exclu(ait) rien", assure qu'il est "trop tôt" pour y répondre.Sa "ligne horizon" actuelle, ajoute-t-il, "c'est de voir comment on peut rendre ces deux années (d'ici 2012) utiles dans la mutation écologique et notamment dans la perspective du G8 et du G20 de l'année prochaine".Tout n'écartant pas, pour lui non plus, un éventuel changement de "périmètre" à l'avenir."Si je pense que dans le périmètre où je suis, j'ai atteint mon seuil d'utilité, j'envisagerai d'en choisir un autre... mais c'est trop tôt."

 

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