[Multimédia] Le Mans, naissance aux Jacobins

0 17.11.2011 16:34

Les fouilles archéologiques sont définitivement interrompues. Si d’autres découvertes étaient possibles, l’essentiel a été mis au jour. Il faut savoir s’arrêter : les fouilles archéologiques du site des Jacobins sont officiellement terminées. Pierre Chevet, directeur du chantier, fait le point.« Le Maine Libre » : Fin du chantier mais pas totalement comblé ?Pierre Chevet : Le fait est que nous nous trouvons dans le cadre d’un marché avec une date butoir de fin des travaux de fouilles. Mais il se trouve que nous n’avions absolument pas prévu ce que nous avons découvert, qui est considérable, au-delà de ce nous imaginions, inattendu. Il nous aurait fallu un mois de plus. Mais il est évident qu’on ne pouvait bloquer le chantier de construction de l’Espace culturel un mois de plus. Cela aurait eu des incidences considérables sur le coût des travaux.Il en fallait de peu d’arriver à la naissance du Mans ?Nous sommes arrivés jusqu’à la fin de l’indépendance gauloise (-50 à - 30 avant JC, le règne d’Auguste). Un résultat totalement insoupçonné, inédit au Mans. Mais on reste sur notre questionnement : s’agit-il d’une occupation ponctuelle privée ou est-ce véritablement l’origine de la ville. On n’a pas prévu assez grand. Les moyens que nous avions estimés ne nous ont pas permis d’aller au fond des choses. On ne connaît que 15 % à 20 % de ce qui doit exister. On ne peut répondre à la question. D’autres après nous, peut-être… En tout cas, ce site renouvelle complètement l’idée qu’on pouvait en avoir. Et une conclusion s’impose : nous sommes plus vieux que ce que l’on croyait.Un chantier en plusieurs étapes ?Le chantier s’est étalé sur trois campagnes, avril à mi-septembre 2010, première semaine de mai 2011 et quatre semaines entre juin et juillet de cette année avec un effectif moyen de 25 personnes.Quel premier bilan ?Nous avons pu repérer trois volets chronologiques : Les guerres de Vendée, opération totalement satisfaisante. Il nous faut encore 18 mois pour établir un bilan définitif après analyses en laboratoires anthropologique et de médecine. C’est la première fois qu’on regardait ce genre de charnier avec un œil d’antropoloque et d’archéologue.Votre deuxième intervention est majeure ?L’occupation gallo-romaine du Ier siècle à la fin du IIIe : un quartier urbanisé autour de deux axes perpendiculaires dont une voie amphithéâtre-emplacement de la cathédrale, très passagère, très fréquentée avec un habitat évolutif, une occupation artisanale et commerciale (dont une importante taverne).Enfin, rarissime en milieu urbain, une découverte majeure (nous ne connaissons d’exemples du même type qu’à Bath en Grande-Bretagne et à Rome), un sanctuaire et son bassin, édifice cultuel en cours d’identification. Sur l’ensemble, nous avons mis au jour 470 monnaies et d’autres offrandes.Enfin l’inattendu ?Enfin, l’occupation plus ancienne et totalement insoupçonnée, dont nous parlions auparavant.Quand est-ce que le Manceau pourra découvrir tout cela à son tour ?Certes cela a été une opération coûteuse mais extrêmement parlante. Il s’agit des deniers de la collectivité dont les résultats (l’information) seront « reversés » à la collectivité. Si la ville le souhaite nous pouvons éditer un document à la portée du grand public (parallèlement au rapport scientifique difficilement accessible). Par ailleurs, nous avons largement matière à une exposition. Il suffit que la ville nous le demande.Voir : la galerie photos des fouillesDébut des fouilles : interview de Pierre Chevet, responsable des fouilles sur le site des Jacobins pour l’Inrap (l’Institut national de recherches archéologiques préventives).Fin de la première partie des fouilles : interview de Vincent Bernollin, responsable de secteur lors des fouilles sur le site des Jacobins.

 

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