Motards et automobilistes dans la rue contre la politique de sécurité routière

0 21.11.2011 09:39

Des milliers d'usagers de la route, essentiellement des motards, ont manifesté samedi à l'appel de plusieurs associations, contre les récentes mesures gouvernementales en matière de sécurité routière, une mobilisation qualifiée d'"historique" par la Fédération française des motards en colère (FFMC)."Cette mobilisation historique forge l'union sacrée des usagers de la route dans le feu des manifestations qui se sont déroulées partout en France", a estimé dans un communiqué la FFCM, qui continue d'appeler le gouvernement à "revoir sa copie" en matière de sécurité routière.Selon les organisateurs, les manifestants étaient environ 15.000 à Paris, 7.000 à Lyon, 5.000 à Lille. La préfecture de police n'en a comptabilisé que 6.000 dans la capitale, partis dans un concert de klaxon de l'esplanade du château de Vincennes (Val-de-Marne) en direction du Trocadéro, où devaient les rejoindre des automobilistes et piétons.Selon la préfecture des Bouches-du-Rhône, ils étaient un millier à Marseille et selon le Centre régional d'information et de coordination routières (CRIRC), le quart nord-ouest a vu défiler quelque 10.000 participants à Caen, Rouen, Le Mans, Rennes, Quimper, Chartres et Nantes. Dans le nord-est, environ 5.600 usagers ont occupé le bitume de Strasbourg, Besançon, Belfort et Nancy contre environ 6.500 dans le sud-ouest, notamment à Bordeaux.Partout les motards ont fourni l'essentiel des troupes: seulement 15 voitures comptabilisées dans la manifestation nantaise parmi 1.500 motos. En revanche, 2.800 piétons se sont joints au défilé."C'est la première fois que sont appelés tous les usagers de la route, motards et automobilistes, à manifester ensemble", a déclaré à l'AFP Jean-Marc Belotti, coordinateur de la FFMC à Paris, association en pointe de la contestation.Outre la FFMC, l'Union des usagers de la route, rassemblant plus de 15 fédérations ou associations nationales et des clubs d'utilisateurs, l'Association française des fournisseurs et utilisateurs de technologies d'aide à la conduite et l'association 40 Millions d'automobilistes soutenaient l'initiative.Le même mot d'ordre circulait dans tous les cortèges: réclamer "le retrait de toutes les mesures et dire aux pouvoirs publics qu'ils arrêtent de nous prendre pour des délinquants de la route", selon M. Belotti.Après avoir pris connaisance des chiffres de mortalité routière très mauvais au cours du premier trimestre (+ 13 % de morts), le gouvernement a annoncé début mai la suppression des panneaux signalant les radars et l'interdiction des avertisseurs de radars. Et en mai la mortalité routière a enregistré sa première baisse de l'année 2011.Ces mesures ont provoqué une bronca de certains députés UMP. Le gouvernement a en partie cédé: les panneaux seront remplacés par des "radars pédagogiques" ne sanctionnant pas. Quant aux avertisseurs de radars, ils restent interdits, mais seront "transformés" en "avertisseurs de zones dangereuses".Un recul encore insuffisant aux yeux des manifestants: "le tout répressif est à bout de souffle, il faut privilégier la formation, l'éducation, la sensibilisation", plaide Julien Despierres, président de la FFMC 69."Le gouvernement a créé une politique de sécurité routière anxiogène à l'approche de l'élection présidentielle, alors que le nombre de morts sur les routes a baissé depuis dix ans", dénonce M. Belotti.Les 1.500 à 3.000 manifestants toulousains ont d'ailleurs averti les élus en posant devant un radar fixe emmailloté de plastique noir sur lequel était collée une affichette: "2012 réfléchissez" montrant un bulletin dans une urne en forme de radar.Mais pour Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, ces manifestants ne sauraient éclipser "la majorité silencieuse des conducteurs qui ne se sentent pas harcelés par ces dispositions, qui ont tous leurs points de permis et trouvent normales les mesures de sécurité", a-t-elle déclaré à l'AFP.

 

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