Mort du petit Younes: les parents inculpés en Belgique un an après

0 21.11.2011 13:35

L'enquête sur la mort dans des conditions mystérieuses du petit Younes, en 2009 à la frontière franco-belge, a rebondi mardi de manière spectaculaire avec l'inculpation de ses parents, dans cette affaire qui tient la Belgique en haleine depuis un an.Le père Mohamed Jratlou et la mère, Naïma, ont été inculpés de "coups et blessures volontaires ayant entraînés la mort, sans intention de la donner", a annoncé le procureur de Tournai en Belgique (ouest), Marie-Claude Maertens, lors d'une conférence de presse.Les deux parents ont été placés sous mandat de dépôt et écroués. Ils n'ont pas avoué être responsables de la mort de leur enfant, âgé de 4 ans au moment des faits."Ils nient avoir porté des coups", a souligné le procureur, soulignant toutefois que leurs protestations de bonne foi n'avaient pas convaincu.Les inculpations, dont les chefs sont encore provisoires, ont été décidées par la juge d'instruction après des auditions menées dans la matinée, suite notamment à des résultats d'expertises remontant à quelques jours qui ont montré que l'enfant était décédé par asphyxie, a encore dit Mme Maertens."Il est acquis que Younes est mort d'asphyxie et la mort se situe à un moment très proche de sa disparition", a-t-elle ajouté."Sur la base de ces éléments, et d'autres éléments au dossier, elle (la juge d'instruction) a estimé qu'elle avait suffisamment d'indices", a dit le magistrat.Par ailleurs, "une trace de main a été trouvée sur le visage" de l'enfant, a-t-elle ajouté. Ce qui tend à montrer que le garçonnet a été privé d'air volontairement. Autre élément ayant émergé: les parents ont désormais reconnu "s'être disputés" le soir de la disparition de leur enfant, selon Mme Maertens.Younes, un enfant belge d'origine marocaine, s'était volatilisé dans la nuit du 25 au 26 octobre 2009 du domicile familial dans le village du Bizet, sur la commune de Comines (ouest de la Belgique), tout près de la frontière française. Selon le témoignage de l'époque de son frère, il aurait profité d'une porte laissée ouverte pendant une dispute entre ses parents.Son corps avait été retrouvé le 11 novembre dans une rivière, la Lys, à environ 12 kilomètres de là, soit une distance trop longue pour qu'un garçonnet à peine vêtu puisse la parcourir seul, en pleine nuit de surcroît.Mohamed Jratlou, depuis longtemps objet de rumeurs dans la presse sur son implication éventuelle dans le drame, avait déjà été à plusieurs reprises entendu par les enquêteurs, sans jamais être inculpé.Clamant son innocence, il avait affirmé à la presse, en novembre 2009, que son fils avait été enlevé puis étouffé.La cause du décès du garçonnet n'avait pas été dévoilée officiellement avant mardi par la justice belge. Elle avait toutefois très tôt exclu que Younes ait été renversé accidentellement par un automobiliste qui aurait ensuite tenté de le faire disparaître dans le cours d'eau. Un scénario un temps envisagé.L'enquête semblait au point mort lorsqu'elle a rebondi lundi avec les perquisitions au domicile familial et les auditions de plusieurs personnes par la police belge.Parmi elles, outre le père et la mère de Younes, figuraient son frère Wazir, âgé d'une dizaine d'année et le directeur de l'école de ce dernier, a précisé à l'AFP l'avocat de la famille, Me Xavier Magnée.Le père et la mère ont été entendus mardi l'un après l'autre par la juge d'instruction. Le premier a été incarcéré à la prison de Tournai, tandis que la deuxième l'a été à Mons (Sud).

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