Montpellier fait un adieu émouvant à "Monsieur le Maire", Georges Frêche

0 21.11.2011 09:59

"Au revoir, Monsieur le Maire": des milliers de Montpelliérains s'étaient rassemblés mercredi à la cathédrale Saint-Pierre pour les obsèques de Georges Frêche, décédé dimanche à 72 ans, lors d'une cérémonie émouvante qui a salué un homme "de courage".Sur le parvis, où un écran géant avait été dressé, et dans les rues adjacentes, de nombreux habitants sont venus dire leur reconnaissance à l'homme fort du Languedoc-Roussillon, par une belle journée ensoleillée."Le deuil a saisi toute la ville de Montpellier depuis dimanche soir et touche chacun, quelles que soient ses convictions", déclare l'archevêque de Montpellier, Mgr Pierre-Marie Carré.A l'arrivée du cercueil, peu après 10H15, des applaudissements nourris éclatent. Un accueil qui émeut visiblement la femme de M. Frêche et ses cinq filles. Parmi les proches présents, l'acteur Gérard Depardieu et le président du club de football de Montpellier, Louis Nicollin.Des élus locaux de tous bords, pro et anti-Frêche réunis, sont aussi là, notamment la maire (PS) de Montpellier Hélène Mandroux, rivale malheureuse de Frêche aux dernières élections régionales. A leurs côtés, quelques personnalités politiques de gauche: le président socialiste de Midi-Pyrénées Martin Malvy, le sénateur-maire (PS) de Lyon Gérard Collomb et le président du gouvernement de Catalogne, José Montilla.Pour le PS, qui avait exclu de ses rangs Georges Frêche en 2007 en raison de ses dérapages verbaux, le numéro deux Harlem Désir avait fait le déplacement.Une unité de façade qui ne fait pas taire les divisions: dans un discours très apprécié par la foule, M. Collomb dénonce les "attaques profondément injustes" subies par cet "homme de courage" de son vivant."La vision du monde que pouvait avoir Georges dérangeait. Oui, Georges était un provocateur, mais il était aux antipodes de la caricature qu'on faisait de lui. Il a été dénigré jusqu'à l'excès, on a voulu voir en lui un autocrate, un féodal de province, un raciste, un homophobe, un antisémite", affirme-t-il, regrettant qu'il "n'ait pu apporter au niveau national le souffle qu'il a apporté à cette ville".Ses propos sur les harkis, les blacks ? "Il était tout sauf raciste", renchérit Raymond Augrand, ancien adjoint à l'urbanisme.Selon ce proche, "il n'a fait que travailler pour les autres, bien des injustices ont été faites sur son compte. Il parlait parfois trop fort, parfois trop librement, mais on a tellement mal interprété ce qu'il a pu dire".Les anonymes aussi témoignent. Certains en laissant des mots dans des cahiers de condoléances, comme Nathalie Cibago, pour qui "il restera dans un coin du coeur", ou Yvan Séverac, ancien chauffeur de Georges Frêche, qui prend la parole."J'ai passé 27 ans auprès de lui et je ne pouvais pas le laisser partir sans lui dire combien j'ai apprécié le patron qu'il était, l'homme courageux, déterminé, travailleur, mais aussi l'homme sensible et de coeur", malgré les "coups de gueule", raconte-t-il, avant de conclure: "Merci et au revoir, Monsieur le Maire".Entamée au son d'une "Fugue" de Bach, jouée par l'orchestre symphonique de Montpellier, la cérémonie s'est achevée avec "Le temps des cerises", avant que Georges Frêche ne fasse route vers son village natal de Puylaurens (Tarn), où il a été inhumé dans le caveau familial vers 17h00 dans l'intimité familiale.Déjà, l'élu (PS) marseillais Patrick Menucci appelait son parti à "faire un geste et à procéder au rassemblement", en réintégrant les alliés de Frêche exclus.

 

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